Accueil SAVANTS MUSULMANS ^Aliyy L’Imam Ali : Biographie du compagnon Ali ibn Abou Talib

L’Imam Ali : Biographie du compagnon Ali ibn Abou Talib

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^Aliyy est :

Le 4 ème grand calife

Le calife bien guidé ^Aliyy était le père de Al-Haçan et de Al-Houçayn. Il était le cousin paternel et le gendre du Prophète Mouhammad. Il a grandi dans la maison du Prophète, il a été le premier enfant à entrer en Islam. Notre maître ^Aliyy était connu pour sa science et son courage. Il a été surnommé Abou Tourab par le Prophète Mouhammad.

Son ascendance

Il se nomme ^Aliyy fils de Abou Talib, fils de ^Abdou l-Mouttalib fils de Hachim, fils de ^Abdou Manaf. Il est donc le fils de l’oncle paternel du Messager de Allah (Abou Talib) et le gendre du Prophète puisqu’il était marié à sa fille Fatimah. Il est le père de Al-Haçan et Al-Houçayn. Sa mère est Fatimah fille de ‘Açad, fils de Hachim.

Sa naissance

Il est né 10 ans avant que notre maître Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam ne reçoive la révélation. Il a grandi dans la maison du Prophète Mouhammad. Il était surnommé Haydarah, qui signifie lion. Il a été dit que c’est sa mère qui lui avait donné ce surnom. Il est le premier des enfants à être entré en Islam.

Notre Maître ^Aliyy a vécu auprès du Prophète Mouhammad

Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam avait deux oncles paternels. Suite à une grande épreuve qui s’est abattue sur Qouraych, Abou Talib qui est le père de ^Aliyy s’est retrouvé avec peu d’argent pour élever ses enfants. C’est pourquoi le Messager a pris ^Aliyy chez lui tandis que Al-^Abbas, qui est aussi le frère de Abou Talib et l’oncle du Prophète, a pris en charge Ja^far. Ils ont ainsi allégé la charge à Abou Talib.

Le quatrième calife

^Aliyy est le quatrième grand calife de l’Islam, il a succédé à notre maître ^Outhman. ^Aliyy était l’un des conquérants les plus reconnus. Il était un modèle pour les ascètes et faisait partie des plus réputés des orateurs, des éloquents et des savants qui œuvrent conformément à leur science.

Son surnom Abou Tourab

Pour ce qui est de son surnom Abou Tourab, c’est le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam qui le lui a donné. Un jour, le Messager est entré chez Fatimah, sa fille qui était l’épouse de ^Aliyy, et l’a interrogée au sujet de ^Aliyy. Il lui a dit :

أين ابن عمِك

(‘Ayna bnou ^ammik)

« Où est le fils de ton grand oncle paternel ? »

Elle a répondu :

« Il est là-bas, allongé dans la mosquée. »

Le Messager de Allah est alors parti le voir. Il l’a trouvé allongé mais sa cape avait glissé de son dos. Le Prophète s’est mis à enlever le sable (tourab) qui était collé à son dos en lui disant :

اجلس أبا تراب

(‘Ijlis ‘aba tourab)

« Assieds-toi Abou Tourab. »

Personne d’autre que le Messager de Allah ne lui a donné ce surnom et c’était son préféré.

Description de l’imam Ali (^Aliyy)

Notre maître ^Aliyy était de taille moyenne et avait de larges épaules. Il était beau, courageux et faisait preuve d’ascétisme. Des compagnons l’ont décrit comme un homme fort ayant de la sagesse, de l’éloquence et parlant peu. C’était un homme de science, détaché du bas monde.

Son physique

Notre maître ^Aliyy, que Dieu (Allah) l’agrée, était mat de peau, de taille moyenne. Il avait un beau visage de grands yeux très noirs et une large barbe blanche qu’il ne teignait généralement pas. Il l’avait teinte seulement une fois avec du henné puis avait abandonné cette pratique. Ses épaules étaient larges. Il avait en outre les mollets développés et fins à leurs extrémités, tout comme ses avant-bras.

Ses qualités morales

Notre maître ^Aliyy était souriant, il était parmi les plus courageux des compagnons. Il était de ceux qui avaient le plus de connaissances pour juger et de ceux qui étaient les plus ascètes dans le bas monde. Il ne s’était jamais prosterné pour une idole. Il n’a jamais combattu quelqu’un sans avoir le dessus, il était toujours victorieux.

Sa tenue vestimentaire

^Aliyy était un homme modeste qui ne recherchait pas les plaisirs d’ici-bas. Il portait des vêtements très simples, parfois très usés. Bien qu’étant calife, il ne portait pas de vêtement luxueux ou de longue cape qui traîne par terre comme on le voyait des monarques de l’époque, mais plutôt des vêtements arrivant mi-mollet conformes à sa modestie et son ascétisme.

Il avait un bâton avec lequel il se déplaçait dans les marchés. Il ordonnait aux gens de faire preuve de piété à l’égard de Allah et de vendre correctement. Il leur disait :

« Soyez larges lorsque vous mesurez ou pesez pour les gens. »

Il portait parfois un bandeau de couleur noire autour sa tête et parfois un turban noir. Comme notre bien-aimé Mouhammad avait mis un turban noir en laissant pendre une partie de son extrémité le jour de la conquête de la Mecque.

Notre maître ^Aliyy portait à la main gauche une bague sur laquelle était inscrit :

« محمد رسول الله »

(Mouhammad raçoulou l-Lah)

« Mouhammad le Messager de Allah »

et :

« لله الملك »

(Lil-Lahi l-moulk)

 « A Allah la souveraineté [absolue] ».

Sa description par Dirar As-Souda’iyy

Mou^awiyyah a demandé à Dirar : « Décris moi ^Aliyy. » Dirar a répondu : « Décharge moi de cela. » Mais Mou^awiyyah a insisté.

Dirar AsSouda‘iyy a alors dit :

« S’il est nécessaire que je le décrive, par Allah, il était très fort, il parlait peu mais bien, ses jugements étaient justes, la science émanait de tout son être et la sagesse jaillissait de sa bouche. Le bas monde et sa beauté l’ennuyaient et c’est sa solitude dans la nuit qui le distrayait. Une éloquence extraordinaire et une méditation profonde le caractérisaient. Il était parmi nous comme l’un d’entre nous. Il nous répondait lorsque nous l’interrogions et il était tellement proche de nous que nous nous adressions à lui sans que sa prestance soit un obstacle. Il avait beaucoup de respect pour les religieux. Les pauvres avaient toute leur place dans ses assemblées. Le fort dans son tort n’avait pas d’espoir et le plus faible ne désespérait pas de sa justice. Je témoigne qu’une fois, alors que la nuit était tombée et que les étoiles étaient nombreuses dans le ciel, je l’ai vu tenir sa barbe dans sa main et s’agiter comme s’il souffrait. Il pleurait comme celui qui est chagriné en disant : « Ô toi bas monde, tente autre que moi ! C’est à moi que tu te montres, devant moi que tu t’exhibes ? détrompe toi ?! Je t’ai divorcé par trois fois et il n’y a pas de reprise. Ta longévité est courte et ta beauté minime. Malheur, malheur à celui qui a peu de provisions pour le long voyage et la solitude du chemin. » »

C’est alors que Mou^awiyyah s’est mis à pleurer. Il a dit : « Que Allah fasse miséricorde à Abou l-Haçan, il était par Allah comme tu l’as décrit. Quel est ton chagrin à son sujet, Ô Dirar (maintenant qu’il est mort) ?» Il lui a répondu : « Mon chagrin est celui de la femme dont on a égorgé l’unique enfant dans ses bras. »

L’Imam Ali (^Aliyy), l’ascète

Notre maître ^Aliyy était détaché de la vie d’ici-bas, il n’accordait d’importance ni aux biens matériels ni à l’argent (c’est-à-dire que son coeur n’y était pas attaché). Le Prophète Mouhammad a demandé à Dieu d’accorder à notre maître ^Aliyy de faire preuve d’ascétisme dans ce bas monde.

Le Prophète parle de ^Aliyy l’ ascète

^Ammar Ibnou Yacir, que Allah l’agrée, a rapporté : « Le Messager de Allah a dit à ^Aliyy :

، إن الله قد زيّنك بزينة لم يزين العباد بزينة أحبَّ منها

. هي زينة الأبرار عند الله ، الزهد في الدنيا

        « فجعلك لا ترزأ من الدنيا  » أي لا يصيب من  الدنيا 

 « ولا ترزأ الدنيا منك شيئًا ، ووصب لك المساكين  » أي أ دام  لك المساكين

 فجعلك ترضى بهم أتباعًا ويرضون بك إمامًا

(‘inna l-Laha qad zayyanaka bizinatin lam youzayyini l-^ibada  bizinatin ‘ahabba minha, hiya zinatou l-‘abrar ^inda l-Lah, azzouhdou fi d-dounya. Faja^alaka la tarza’ou mina d-dounya « ‘ay la yousibou mina d-dounya » wala tarza’ou d-dounya minka chay’a, wawasaba laka l-maçakin « ay ‘adama laka l-maçakin » faja^alaka tarda bihim ‘atba^an wayardawna bika ‘imaman)

« Allah t’a embelli par une parure. Il n’a pas accordé meilleure qu’elle aux autres gens. C’est la parure des bienfaisants et pieux selon le jugement de Allah. Il s’agit de l’ascèse dans le monde. Il a alors fait que tu ne t’attaches à rien du bas monde et que le bas monde ne prenne rien de toi. Il a fait que les pauvres t’aiment et te suivent, que tu sois satisfait d’eux comme partisans, et qu’eux soient satisfaits de toi en tant qu’imam. »

Notre maître ^Aliyy ne cherchait pas la richesse

Un jour Ibnou t-Tayyah est venu à ^Aliyy et lui a dit :

« Emir des croyants, le trésor public des musulmans s’est rempli d’or et d’argent. »

Alors ^Aliyy a dit :

« Allahou ‘akbar »

c’est-à-dire « Dieu est tout puissant » et il s’est relevé en s’appuyant sur Ibnou t-Tayyah. Ils se sont rendus au Trésor des musulmans (baytoul-mal), c’est-à-dire au trésor public. ^Aliyy a alors dit :

« Ô, toi la jaune et toi la blanche, allez entraîner quelqu’un d’autre que moi »

(ici la jaune et la blanche signifient l’or et l’argent) et il a distribué tout ce qu’il y avait jusqu’à ce qu’il ne reste ni dinar ni dirham (dinar ce sont les pièces d’or et dirham ce sont les pièces d’argent). Puis il a ordonné qu’on nettoie la pièce et y a accompli deux rak^ah.

Il a été rapporté qu’une autre fois, il est rentré dans cet endroit et y a vu quelques richesses. Il a alors dit :

« Je ne veux pas voir cela ici alors que des gens sont dans le besoin. »

Il a ordonné que ces richesses soient partagées et elles l’ont été. Il a ordonné qu’on nettoie cette pièce et il s’y est endormi.

Notre maître ^Aliyy n’a pas profité de l’argent du Trésor pour s’enrichir personnellement ou pour assouvir ses passions comme cela était vu des monarques de son époque. Il pensait avant tout au bien-être des musulmans. Il recherchait l’agrément de Dieu et la réussite dans l’au-delà.

^Aliyy vivait modestement

Un jour, ^Aliyy, que Allah l’agrée, est monté sur le minbar et a dit : « Qui veut acheter mon épée que voici ? Si j’avais eu le prix d’un pagne je ne l’aurai pas vendue. » C’est alors qu’un homme s’est levé et lui a dit : « Moi je te prête l’argent d’un pagne. »

Une autre fois, des gens l’ont blâmé pour ses vêtements et il a dit :

« Qu’avez-vous avec mes vêtements ? C’est mieux ainsi afin de ne pas tomber dans l’orgueil et que les musulmans prennent exemple sur cela. »

En effet, la tenue modeste de notre maître ^Aliyy témoigne de son humilité et de son ascèse.

Le grand mérite de ^Aliyy, l’imam Ali

^Aliyy avait un mérite particulier. Il avait beaucoup de science, le Prophète en a témoigné. Il a dit ce qui signifie : » Je suis comme une ville de science et ^Aliyy en serait la porte.« 

Mise en garde particulière contre le fait d’insulter ^Aliyy

‘Ahmad et Al-Hakim, et d’autres que ces deux-là, ont rapporté que le Messager Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

من سبَّ عليًا فقد سبَّني ومن سبَّني فقد سبَّ الله

(Man sabba ^Aliyyan faqad sabbani waman sabbani faqad sabba l-Lah)

 « Celui qui insulte ^Aliyy, c’est comme s’il m’avait insulté. Et celui qui m’a insulté, c’est comme s’il avait insulté Dieu (Allah). »

Insulter ^Aliyy est un grand pêché. Ainsi, celui qui insulte ^Aliyy, qui le déteste et qui ne l’aime pas est un grand pécheur. Et ceci est une mise en garde contre l’insulte de ^Aliyy.

Mouslim et d’autres ont rapporté que notre maître ^Aliyy a dit :

« C’est la promesse que le Prophète, qui ne lit pas et n’écrit pas, m’a faite, que ne m’aimera que le croyant et ne me détestera que l’hypocrite. »

Si insulter un musulman ordinaire est un grand péché, que dire alors de celui qui insulte notre maître ^Aliyy ?

Le Prophète a transmis sa bannière à ^Aliyy

Dans le sahih de Mouslim est parvenu que ^Amir Ibnou Sa^d Ibnou Abi Waqqas a rapporté d’après son père qu’il a dit :

« Mou^awiyah Ibnou Abi Soufiyan a ordonné à Sa^d d’insulter ^Aliyy, celui-ci a refusé. Mou^awiyyah a alors demandé : Qu’est-ce qui t’empêche d’insulter Abou Tourab (c’était le surnom de ^Aliyy) ?

Il lui a répondu :

Pour répondre à ta question, trois paroles du Messager de Allah m’en empêchent. Et c’est pour cela que je ne l’insulterai jamais. Posséder une seule d’entre elles vaut mieux pour moi que les biens les plus précieux. »

C’est alors que Sa^d a cité ces trois choses :

1. Le Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wasallam a chargé ^Aliyy de rester derrière lui, quand il est parti pour une des conquêtes, ^Aliyy lui a dit :

« Ô Messager de Allah, tu m’as laissé avec les femmes et les enfants ? »

Le Messager de Allah  lui a répondu :

أما ترضى أن تكون مني بمنزلة هارون من موسى إلا أنه لا نبي بعدي

(Ama tarda’ an takouna minni bi-manzilati Harouna min Mouça ‘illa ‘annahou la nabiyya ba^di)

  « Ne voudrais-tu pas être pour moi ce que Haroun fut pour Mouça ? Mais il n’y a plus de Prophète après moi. »

Haroun et Mouça étaient tous deux Prophètes.

2. Je l’ai entendu dire le jour de la bataille de Khaybar :

لأعطين الراية رجلاً يحب الله ورسوله ويحبه الله ورسوله

(La’ou^tiyanna r-rayata rajoulan youhibbou l-Laha waraçoulahou wayouhibbouhou l-Lahou waraçoulouh)

 « Je donnerai la bannière à un homme qui aime Allah et Son Messager, et que Allah aime et que Son Messager aime. »

Le compagnon a dit :

« Nous avons tous souhaité être cet homme. »

Et le Prophète a ajouté :

أدعوا لي عليًا

(‘Oud^ou li ^Aliyya)

« Appelez-moi ^Aliyy. »

Il est venu, il avait le ramad (une infection des yeux). Le Prophète a mis de sa salive dans les yeux de ^Aliyy et lui a donné la bannière. Et Dieu lui a accordé la victoire.

3. Quand le verset (‘ayah) a été révélé :

فقل تعالوا ندع أبنآءنا وأبنآءكم

(Faqoul ta^alaw nad^ou ‘abna‘ana wa‘abna’akoum)

« Dis, venez et allons appeler, venez,  nous appellerons nos enfants et vos enfants. »

[‘Ali ^Imran/ 61]. Le Messager de Allah a appelé ^Aliyy, Fatimah, Al-Haçan et al-Houcayn. Et il a dit :

اللهم هؤلاء أهلي

(Allahoumma ha’oula’i ‘ahli)

« Ô Allah, ceux-là sont ma famille. »

Et cela a été rapporté également par An-Naça’iyy. Le Messager considérait donc son gendre comme étant de sa famille.

C’est pour ces 3 raisons que Sa^d a catégoriquement refusé d’insulter notre maître ^Aliyy.

La science de ^Aliyy

Il lui suffit comme mérite le hadith :

أنا مدينة العلم وعليٌ بابها

(‘ana madinatou l-^ilmi wa^Aliyyoun babouha)

« Je [le Prophète Mouhammad]suis comme une ville de science et ^Aliyy en serait la porte. »

Et c’est un honneur pour lui qu’il soit le premier des enfants à être entré en Islam. C’est également un mérite pour lui qu’il soit descendu dans la tombe du Messager lorsque celui-ci est décédé afin de l’enterrer, et qu’il ait participé à son lavage. Notre maître ^Aliyy possède d’autres mérites, et d’autres caractères louables. Il fait partie des compagnons auxquels le Messager de Allasalla l-Lahou ^alayhi wasallam a annoncé la bonne nouvelle qu’ils seront au Paradis.

^Aliyy jugeait entre les gens avec sagesse

Notre maître ^Aliyy, que Dieu l’agrée, était un calife juste et intelligent. Il faisait preuve d’une grande sagesse lorsqu’il jugeait les conflits entre les gens.

Les bons jugements rendus par ^Aliyy lui ont valu les éloges du Prophète

Il a été rapporté du Prophète  qu’il a dit :

 أقضى أمّتي عليّ

(‘aqda ‘oummati ^Aliyy)

 « Celui qui est le plus fiable dans ses jugements entre les gens dans ma communauté, c’est ^Aliyy. »

Et d’après ^Oumar Ibnou l-Khattab, il a dit :

« Celui qui est le plus fort d’entre nous pour juger entre les gens, c’est ^Aliyy Ibnou Abi Talib. »

Ibnou Mas^oud, que Allah l’agrée, a dit :

« Nous discutions entre nous et nous disions que  celui qui était le plus fort des gens de Médine pour juger entre les gens était ^Aliyy Ibnou Abi Talib. »

Deux histoires qui illustrent sa sagesse et son intelligence

Les récits suivants témoignent de la force et de l’extrême intelligence de notre maître ^Aliyy pour juger entre les gens.

La dispute des familles de 4 hommes tués par un lion

Notre maître ^Aliyy a été envoyé au Yémen par le Messager de Allah. Une fois là-bas, il a appris que quatre hommes étaient tombés dans un piège dans lequel un lion était capturé. Le premier tombé a entraîné dans sa chute le deuxième qui en a entraîné un troisième qui lui même a fait tomber un quatrième. Le lion les a blessés et ils sont morts de leurs blessures. C’est alors que leurs héritiers se sont disputés jusqu’à faillir s’entre-tuer.

^Aliyy leur a alors dit :

« Moi, je juge pour vous départager. Si vous êtes d’accord, ce sera votre sentence. Sinon je vous empêche de vous voir les uns les autres jusqu’à ce que vous rencontriez le Messager de Allah pour qu’il juge entre vous. Vous réunissez des biens de ceux qui ont creusé le piège. Ils verseront un quart du prix du sang plus un tiers du prix du sang plus une moitié du prix du sang et tout le prix du sang. Le premier tombé aura le quart du prix du sang car il a entraîné avec lui les trois autres, le deuxième aura le tiers car il en a entraîné deux autres, le troisième aura la moitié car il en a entraîné un et le dernier aura un prix du sang complet. »

Les gens ont refusé d’accepter cette sentence. Ils sont alors allés voir le Messager de Allah et l’ont rencontré près du maqam de ‘Ibrahim. Ils lui ont raconté leur histoire et le Prophète a dit ce qui signifie : « Moi je vous donne un jugement. » C’est alors qu’un homme lui a dit : « Il y a ^Aliyy qui nous a déjà donné une sentence. » Lorsqu’ils lui ont dit ce que ^Aliyy avait dit, le Messager a confirmé cette sentence. Ceci témoigne de la grande intelligence de l’imam ^Aliyy.

La dispute de 2 hommes qui avaient mangé ensemble

Il est également rapporté au sujet de notre maître ^Aliyy, que Allah l’agrée, qu’il a émis un jugement entre deux hommes qui étaient en train de manger ensemble. L’un avait 5 pains avec lui et l’autre en avait 3. Un troisième homme est venu et il leur a demandé la permission de manger avec eux, et de partager leur repas. Ils ont accepté. Ils ont tous trois mangé de façon équivalente.

Le troisième arrivé leur a donné 8 dirhams (le dirham est la monnaie de l’époque) et leur a dit : « ça, c’est en contre partie de ce que j’ai mangé de votre nourriture. » Les deux hommes se sont disputés pour partager ces 8 dirhams.

Celui qui avait 5 pains a dit : « Moi, je prends 5 dirhams et toi je t’en donne 3. » Mais celui qui avait ramené 3 pains a répondu : « Non, on les partage à parts égales. »

Ne se mettant pas d’accord, ils sont partis voir ^Aliyy, que Allah l’agrée. C’est alors que ^Aliyy a dit à celui qui avait 3 pains : « Accepte la proposition de ton ami. » Mais celui qui avait 3 pains a refusé et a dit :

« Moi, je ne veux que la vérité même si elle est amère. »

Alors ^Aliyy lui a dit :

« Pour la vérité qui t’est amère, tu n’as droit qu’à 1 seul dirham et lui, il en prend 7. »

Il lui a dit :

« Et comment cela Emir des croyants ? »

Il lui a répondu :

« Parce que 8 dirhams, c’est 24 tiers et les 5 pains représentent 15 tiers. Et les 3  pains représentent 9 tiers. Vous avez mangé à parts égales. Toi tu as mangé 8 tiers, et de tes 9 tiers d’origine, il te reste 1 tiers. Quant à ton ami, il a mangé 8 tiers et il lui reste de ce qu’il a ramené 7 tiers. Le troisième a pris 8 tiers, c’est-à-dire 1 tiers de chez toi et 7 tiers de ton ami. Tu auras donc 1 part sur 8 de ce qu’il a donné des 8 dirhams et lui aura 7 parts sur 8 des 8 dirhams. Tu auras donc 1 dirham et ton ami aura 7 dirhams. »

Alors l’homme a dit :

« Maintenant, j’accepte. »

Certains prodiges de Ali (^Aliyy)

Notre maître ^Aliyy faisait partie des grands saints. Il lui arrivait certains prodiges par la volonté de Dieu. De nombreux recueils les évoquent.

^Aliyy était un saint

Le calife ^Aliyy était un saint, il avait un haut degré selon le jugement de Dieu. Dieu lui a accordé certains prodiges, ce sont des actes extraordinaires qui témoignent de sa sainteté.

Le moulin à grain qui tournait tout seul

Abou Dharr, que Allah l’agrée, a rapporté :

« Le Messager de Allah m’a envoyé appeler ^Aliyy. Je suis parti chez lui, je l’ai appelé mais il ne m’a pas répondu. Je suis revenu et j’en ai parlé au Messager de Allah qui m’a alors dit :

 عد إليه ادعه

(^oud ‘ilayhi d^ouh)

« Retournes-y et appelle-le ». Je suis reparti pour l’appeler et j’ai entendu le bruit d’une pierre à moudre. C’est alors que j’ai regardé et j’ai vu le moulin moudre tout seul sans que personne ne le fasse tourner. Je l’ai appelé. Il est sorti apaisé et je lui ai dit que le Messager de Allah l’appelait. Il est alors venu au Messager.

Après son départ, je suis ensuite resté à regarder le Messager de Allah au point qu’il m’a dit :

  يا أبا ذر ما شأنك  

(ya ‘aba dharr ma cha’nouk)

« Qu’est-ce que tu as ? »

Je lui ai dit :

« Ô Messager de Allah, je suis au comble de l’étonnement. J’ai vu le moulin moudre dans la maison de ^Aliyy alors que personne ne le faisait tourner. » »

Dieu l’a protégé

Une fois, deux hommes qui s’étaient querellés sont venus voir ^Aliyy pour qu’il règle leur différend. Alors que ^Aliyy était assis, appuyé contre un mur, un des deux hommes lui a dit : « Ô Emir des croyants, fais attention, ce mur va s’écrouler. » Alors ^Aliyy lui a répondu : « Poursuis ton affaire, Allah me suffit comme protecteur. » ^Aliyy a prononcé la sentence entre les deux hommes qui s’étaient querellés, il s’est levé et le mur s’est écroulé juste après ! Ceci est un prodige que Dieu a accordé à notre maître ^Aliyy, Il l’a protégé.

Certaines paroles de valeur de ^Aliyy

Parmi les paroles de notre maître ^Aliyy, il y a d’importants conseils ainsi que des paroles précieuses au sujet de la croyance en Dieu (Allah).

Conseils de l’Imam ^Aliyy

Notre maître ^Aliyy, que Dieu (Allah) l’agrée, a dit :

.ما أكثر العبر وأقل الاعتبار، وما زنى غيور قط

ما أحسن تواضع الأغنياء طلبًا لما عند الله،

وأحسن منه تيه الفقراء على الأغنياء اتكالاً على الله سبحانه.

كفاك أدبًا لنفسك اجتناب ما تكرهه من غيرك.

من نظر في عيوب غيره فأنكرها ثمّ رضيها لنفسه فذلك هو الأحمق بعينه.

لا تظنّن بكلمة خرجت من أحد سوءًا وأنت تجد لها في الخير محتملاً

 (Ma akthara l-^ibar wa‘aqalla li^tibar, wama zana ghayyouroun qatt.

Ma ‘ahsana tawadou^a l-‘aghniya’i talaban lima ^inda l-Lah, wa‘ahsana minhou tihou l-fouqara’i ^ala l-‘aghniya’i t-tikalan ^ala l-Lahi soubhanah.

Kafaka ‘adaban linafsika jtinabou ma takrahouhou min ghayrik. Man nadhara fi ^ouyoubi ghayrihi fa’ankaraha thoumma radiyaha linafsihi fadhalika houwa l-‘ahmaqou bi^aynihi.

La tadhounnanna bikalimatin kharajat min ‘ahadin sou’an wa‘anta tajidou laha fi l-khayri mouhtamalan.)

« Que les exhortations sont nombreuses et que ceux qui en tirent des leçons sont rares. Quiconque a de la pudeur ne commet jamais la fornication. La modestie des riches par recherche de ce que Allah donne, est si belle mais que les pauvres se détournent des riches en se fiant à Allah soubhanah est encore plus beau. Il te suffit comme bon comportement d’éviter ce que tu détestes de la part des autres. Et celui qui observe les défauts des autres, qui les réprouve, mais les accepte pour lui-même, c’est lui l’idiot. Ne pense pas qu’une parole sortie de la bouche de quelqu’un, serait du mal alors que tu pourrais  lui trouver une bonne interprétation. »

L’Imam ^Aliyy parle de la croyance en Dieu

L’illustre compagnon, le calife bien guidé, notre maître ^Aliyy, que Allạh l’agrée a dit :

كان الله ولا مكان، وهو الآن على ما عليه كان

   » أي بلا مكان « 

(kana l-Lahou wala makan wahouwa l-‘ana ^ala ma ^alayhi kan)

« Dieu existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas d’endroit de toute éternité et Il est maintenant tel qu’Il est de toute éternité »,

c’est-à-dire qu’Il est sans endroit. Cette parole est tirée du livre « Al-Farqou bayna l–Firaq » de Abọu Mansọur Al-Baghddiyy p 333.

Il a également dit, dans le même livre « Al-Farqou bayna l–Firaq » de Abọu Mansọur Al-Baghddiyy p 333 :

إنّ الله تعالى خلق العرش إظهاراً لقدرته ولم يتّخذه مكاناً لذاته

(inna l-Laha khalaqa l-^archa ‘idh-haran liqoudratihi walam yattakhidh-hou makanan li dhatih)

« Allh ta^l a créé le trône comme manifestation de Sa puissance et ne l’a pas pris comme endroit pour Lui-même. »

Et il a dit également :

من زعم أن إِلَهَنَا مـحدود فقد جهل الخالق الـمعبود

(man za^ama ‘anna ‘ilahana mahdoud faqad jahila l-khaliqa l-ma^boud)

« Celui qui prétend que Dieu est limité a ignoré le Créateur, Celui Qui est adoré. »

Ce qui est limité (mahdoud) c’est ce qui a un volume, que ce soit petit ou grand. Tiré du livre « Hilyatou l-‘Awliy’ » – Biographie de ^Aliyy Ibnou Ab Talib tome 1, p 73.

En effet la croyance sur laquelle était le calife ^Aliyy ibnou Ab Talib et qui lui avait été transmise du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam est bien que Dieu existe sans endroit et sans comment.

L’assassinat de l’imam ^Aliyy

Après 4 ans et 9 mois environ de califat, notre maître ^Aliyy est mort martyr. En effet, il a été assassiné par un kharijite à l’aide d’un poignard empoisonné.

Le décès de notre maître ^Aliyy

Le décès de notre maître ^Aliyy a eu lieu en l’an 40 de l’hégire, c’était le 21ème jour du mois de Ramadan. C’est en se rendant à la prière de l’aube (soubh) qu’il a été lâchement poignardé par un kharijite du nom de ^Abdou r-Rahman Ibnou mouljam Al-Mouradiyy. Les khawarij sont ceux qui se prétendent musulmans mais combattaient l’imam ^Aliyy. Le poignard utilisé était envenimé.

Notre maître ^Aliyy est mort à l’age de 63 ans tout comme le Prophète Mouhammad ainsi que le meilleur des compagnons Abou Bakr. Il est mort, que Dieu (Allah) l’agrée, martyr, heureux, ayant reçu l’annonce de bonne nouvelle du Paradis et de sa félicité. Son califat a duré 4 ans et 9 mois.

Les funérailles de Abou Tourab

Al-Haçan et Al-Houçayn, les deux fils de l’imam ^Aliyy, ainsi que ^Abdou l-Lah, le fils de son frère Ja^far, se sont occupés de son lavage mortuaire. Al-Haçan a dirigé la prière funéraire et notre maître ^Aliyy a été enterré peu avant l’aube. Certains disent qu’il a été enterré en face de la mosquée Koufa ; d’autres devant le palais des gouverneurs ; d’autres encore ont dit à Najaf. Mais en vérité sa tombe honorée a été dissimulée par crainte des nuisances de la part des kharijites et personne ne sait où elle se trouve.

Ceux qui ont combattu le calife étaient injustes

Al-Hakim, que Allah lui fasse miséricorde, a rapporté dans Al-Moustadrak d’après Rifa^ah Ibnou Iyas AdDabbiyy, d’après son père, d’après son grand-père, qu’il a dit :

« Nous étions aux côtés de ^Aliyy le jour de la bataille de Al-Jamal. Il a demandé à ce qu’on fasse venir Talha’ Ibnou ^Oubaydi l-Lah en lui proposant de le rencontrer. Talha’ est venu à lui. ^Aliyy lui a dit :

– Je te conjure par Allah, n’as-tu pas entendu le Messager de Allah dire :

من كنت مولاه فعليّ مولاه ، اللهم وال من والاه وعاد من عاداه

(Man kountou mawlah fa ^Aliyyoun mawlah Allahoumma wali man walah wa^adi man ^adah)

« Celui qui se réclame de moi, qu’il se réclame de ^Aliyy. Ô Allah, accorde la victoire à celui qui est son partisan et le châtiment à celui qui le prend pour ennemi ».

Alors Talha’ a répondu :

Oui, j’ai entendu ce hadith.

^Aliyy lui a dit :

 Alors pourquoi me combats-tu ?

Talha’ lui a dit :

J’avais complètement oublié le hadith.

Et Talha’ est reparti. »

C’est Marwan Ibnou l-Hakam qui l’a tué alors qu’il quittait le champ de bataille. Abou ^Oumar Ibnou ^Abdi l-Bar a dit :

« Les savants et les personnes dignes de confiance ne divergent pas sur le fait que c’est Marwan qui a bien tué Talha’ ».