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La vertu et l’ascèse de l’Imam Ahmad

Ahmad ibn Hanbal, école hanbalite

Vertueux, ascète, savant aux qualités indénombrables, l’Imam Ahmad en plus de sa grande science dans la religion était connu de tous pour son comportement d’excellence. Il agissait en bien envers les autres, était poli et ne prononçait aucune parole vile.

Le comportement de l’Imam Ahmad

C’est par son excellence de comportement que l’Imam Ahmad, que Allah l’agrée, a été connu. Les gens parlaient de lui, de son comportement et il était considéré meilleur que beaucoup d’autres. Il est rapporté de ‘Abou l-Houçayn Ibnou l-Mounada qu’il a dit : « J’ai entendu mon grand-père dire :

« Ahmad était parmi les gens, celui qui était le plus pudique et celui qui avait une grandeur d’âme, celui qui avait le meilleur comportement et la plus grande politesse. Il écoutait beaucoup ceux qui parlaient et baissait le regard. Il se détournait de ce qui était mauvais et des paroles inutiles. On entendait de lui la citation du hadith, la mention des gens vertueux, des gens ascètes. Il parlait calmement et avec de belles paroles. » »

Sa dignité dans la pauvreté et son ascèse

Adh-Dhahabiyy a rapporté qu’un homme avait visité Ahmad Ibnou Hanbal chez lui suite au vol des vêtements de Ahmad. Cet homme est allé chercher chez lui 100 dirhams mais Ahmad n’a pas voulu les prendre ni en tant que cadeau, ni en tant que prêt. Alors Ahmad lui a dit : « N’est-ce pas que tu as entendu avec moi le hadith de Ibnou ^Ouyaynah ? » L’homme a répondu : « Oui » Puis Ahmad lui a dit : « Veux-tu que je te l’écrive ? » Et l’homme lui a dit : « Oui. » Alors il a écrit en contrepartie de quelques dirhams avec lesquelles il a pu s’acheter deux vêtements.

Selon al hafidh abou nou^aym , l’Imam Ahmad que Allah l’agrée avait mis en hypothèque un seau chez un juge afin d’acheter ce qu’il pouvait manger pour sa subsistance. Après un certains temps, il était venu récupérer son seau pour lever son hypothèque. C’est alors que le juge lui a ramené deux seaux et lui a dit : « Lequel des deux est le tien ? »

Alors l’Imam Ahmad lui a dit : « Je ne sais pas. » Puis il a ajouté : « Je t’excuse pour le seau et pour ce que je t’ai donné. » En effet, par le fait même qu’il ne savait pas lequel des deux seaux était le sien, l’Imam Ahmad a préféré pardonner au juge ce seau qu’il aurait dû lui rendre. Mais pour éviter tout problème selon la Loi de l’Islam, l’Imam Ahmad a pardonné à ce juge. Ceci fait partie des Lois en Islam qui concernent les transactions de vente achat, prêt et hypothèque… Le vendeur de pois chiches a dit : « Par Allah, c’est son seau, mais je voulais simplement le tester ! »

Et Ibnou Hatim rapporte de Ahmad Ibnou Sinan que l’Imam Ahmad que Allah l’agrée, avait mis en hypothèque ses chaussures, chez un vendeur de pain au Yémen et qu’il avait loué ses services à deux transporteurs pour pouvoir acheter de quoi manger !

Pour ce qui est de son fils Salih, il a rapporté de son père :

« J’ai quelquefois vu mon père prendre des morceaux de pain que les gens laissaient. Il enlevait la poussière de dessus, il les mettait dans un petit bol, il versait dessus de l’eau et il les mangeait avec du sel. Et je n’ai jamais vu mon père acheter des grenades ou du coing, ni aucun autre fruit si ce n’est du melon ou de la pastèque qu’il consommait avec du pain, du raisin et des dattes. »

Les récits rapportés sur le fait qu’il se détournait des plaisirs du bas monde et qu’il faisait preuve d’ascèse, qu’il suivait le chemin du soufisme, sont trop nombreux pour être tous cités ici.

Sa modestie

L’Imam Ahmad ibnou Hanbal était, que Allah l’agrée, très modeste vis-à-vis des savants et extrêmement humble envers eux. Lorsqu’il aimait quelqu’un, c’était par recherche de l’agrément de Allah et lorsqu’il détestait quelqu’un, c’était par obéissance à Allah.

Ibnou Salam a dit : « J’ai été dans l’assemblée de ‘Abou Youçouf, de Mouhammad Ibnou l-Haçan, de Yahya Ibnou Sa^id et de ^Abdou r-Rahman Ibnou Mahdiyy mais je n’ai vu personne inspirer autant de respect que Ahmad Ibnou Hanbal. »

Et d’après ^Abdou l-Lah, le fils d’Ahmad Ibnou Hanbal :

« Mon père faisait chaque jour et nuit 300 rak^ah surérogatoires et lorsqu’il était malade il accomplissait 150 rak^ah surérogatoires par jour et nuit. »

Son haut degré

AtTabaraniyy et Al-Bayhaqiyy ont rapporté qu’une femme était atteinte de paralysie des jambes depuis 20 ans. Un jour, elle dit à son fils d’aller chez Ahmad pour qu’il lui fasse des invocations. A son arrivée chez Ahmad, il frappa à la porte et lui expliqua le but de sa visite. Ahmad dit alors : « J’ai davantage besoin de ses invocations qu’elle n’a besoin des miennes. » Et il lui a fait une invocation. A son retour, le fils vit sa mère marcher sur ses jambes et elle lui disait : « Allah m’a accordé la guérison. »

Ach-Chafi^iyy a recherché les bénédictions par lui

Al-Bayhaqiyy rapporte que Ar-Rabi^ a dit : « Ach-Chafi^iyy m’a confié une lettre à remettre à ‘Ahmad. Je l’ai rencontré juste après qu’il ait accompli la prière du matin (AsSoubh) et je la lui ai remise. Il m’a demandé : « L’as-tu lue ? » Je lui ai répondu : « Non. » Il l’a prise et quand il en termina la lecture il a pleuré. Je lui ai demandé alors : »Ya ‘aba ^Abdi l-Lah, qu’as-tu lu ? » Il a répondu : « Ach-Chafi^iy m’informe qu’il a vu le Prophète dans le rêve lui dire ce qui signifie :

Ecris à Abou ^Abdi l-Lah Ahmad Ibnou Hanbal, passe lui mon salam et dis-lui : Tu seras éprouvé et on te contraindra à dire que le Qour’an est créé. Alors ne les écoute pas, Allah t’en rétribuera jusqu’au jour dernier. »

J’ai dit alors à Ahmad Ibnou Hanbal : « Quelle est ma récompense pour cette nouvelle ? » Il a retiré le vêtement qu’il portait et me l’a remis. Lorsque je suis retourné chez Ach-Chafi^iy, je l’ai informé de ce qui s’était passé, alors il m’a dit : « Je ne vais pas t’attrister en te demandant ce vêtement mais trempe-le dans l’eau et donne-moi de cette eau pour les bénédictions. » »

A retenir :

L’Imam Ahmad était un grand savant aux qualités exemplaires.

Il était connu et aimé pour son excellence de comportement.

Il inspirait le respect et parlait avec douceur.

Il se contentait du peu, sa nourriture était composée souvent de pain et d’eau.

Son détachement du bas monde et sa science lui ont permis d’atteindre les hauts degrés de la sainteté.