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Méthodologie pour déterminer les horaires de prière publiés par l’APBIF

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La détermination des horaires de prières est un sujet très important dans la religion. Elle permet aux actes d’adoration que sont la prière et le jeûne d’être valables. Les savants musulmans ont donc fourni un effort important pour observer les horaires de prières et les déterminer dans les différentes régions, par souci de préserver la religion des musulmans.

1. Introduction

La détermination des horaires de prières est un sujet très important dans la religion. Elle permet aux actes d’adoration que sont la prière et le jeûne d’être valables. Les savants musulmans ont donc fourni un effort important pour observer les horaires de prières et les déterminer dans les différentes régions, par souci de préserver la religion des musulmans. Il y a eu récemment une grande polémique à ce sujet, en particulier concernant l’horaire de la prière du Soubh. L’enjeu est très important car les musulmans doivent observer le jeûne durant le mois de Ramadan dès le début du temps du Soubh. Publier un calendrier affichant un horaire en retard par rapport au temps véritable du Soubh est problématique, car cela induit les musulmans en erreur en les amenant à retarder l’abstinence jusqu’à cet horaire, ce qui a pour conséquence d’invalider leur jeûne, suite à cette négligence de leur part. Avant d’expliquer la méthode que la religion a prescrit d’adopter, nous attirons l’attention sur le fait que dans les régions au nord de la ligne Strasbourg – St Brieuc (latitude 48° 33’), il y a toute une période de l’année (avant et après le solstice d’été) où il n’y a pas de nuit noire. Le signe permettant de déterminer le début du temps du Soubh est absent à ces endroits-là pendant cette période.

Cet article aborde donc ce problème important et il est organisé de la façon suivante. Après l’Introduction, la section 2 rappelle les signes indicateurs que l’on doit observer pour déterminer les horaires de prière, tels qu’ils ont été rapportés du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam. La section 3 présente la méthodologie que nous avons suivie pour déterminer les horaires des cinq prières publiés dans les calendriers de l’APBIF, l’Association des Projets de Bienfaisance Islamiques en France. Cette méthodologie est basée sur l’observation des signes indicateurs. La section 4 détaille plus particulièrement les signes indicateurs des prières du ^icha’ et du soubh. La section 5 décrit le phénomène d’absence de nuit noire à certains endroits pendant une certaine période de l’année. Cette absence d’obscurité durant toute la nuit a comme conséquence l’absence du signe indicateur de la prière du soubh. La section 6 explique la méthode suivie par les savants musulmans pour déterminer l’horaire d’une prière là où le signe indicateur de cette prière serait absent. Cet horaire serait estimé sur la base de l’horaire de cette prière à l’endroit le plus proche où le signe est observable. En suivant cette méthode, nous avons pu, par la grâce de Allah, déterminer les horaires des prières pour les différentes villes françaises, y compris celles qui sont situées au nord du parallèle de latitude 48° 33’. La section 7 montre par la preuve visuelle que les méthodes basées sur une hauteur du soleil de 12° en dessous de l’horizon ne sont pas correctes dans la religion. La section 8 conclut l’article.

2. Les signes indicateurs des horaires de prière

Il est tout d’abord important de rappeler qu’il y a, parmi les devoirs, cinq prières pendant le jour et la nuit. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wa sallam a dit :

خَمْسُ صلواتٍ كَتَبَهُنَّ اللهُ على العِبادِ

[rapporté par Ahmad]

« Cinq prières ont été prescrites aux gens. »

Toutefois, elles ont été prescrites dans des temps déterminés, en effet Allah ta^ala dit :

إِنَّ الصَّلَاةَ كَانَتْ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ كِتَابًا مَوْقُوتًا

[Sourat An-Niça’ / 103]

« Certes, la prière a été prescrite aux croyants et doit être accomplie en des temps déterminés. »

Or le Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam nous a indiqué la méthode pour les déterminer :

إِنَّ خِيارَ عِبادِ اللهِ الَّذِينَ يُراعُونَ الشَّمسَ والقَمَرَ والأَظِلَّةَ لِذِكْرِ اللهِ

[rapporté par At-Tirmidhiyy]

« Font partie des meilleurs adorateurs de Allah ceux qui prennent en considération le soleil, la lune et les ombres pour accomplir la prière. »

Et il en est de même pour le jeûne car Allah ta^ala dit :

وَكُلُوا وَاشْرَبُوا حَتَّى يَتَبَيَّنَ لَكُمُ الْخَيْطُ الْأَبْيَضُ مِنَ الْخَيْطِ الْأَسْوَدِ مِنَ الْفَجْرِ

[Sourat Al-Baqarah / 187]

« Il vous est autorisé de manger et de boire jusqu’à ce que la distinction entre la blancheur du jour et l’obscurité de la nuit vous apparaisse à l’aube. »

Il est donc primordial que les musulmans sachent observer le début et la fin des temps de prière et de jeûne afin que leurs prières et leurs jeûnes soient valables.

Les savants de l’Islam ont l’habitude de commencer l’énumération des prières par la prière du dhouhr parce que Jibril ^alayhi s-salam est venu au Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wa sallam pour lui apprendre les horaires des prières le lendemain de la nuit du Voyage nocturne et de l’Ascension au début du temps du dhouhr.

Voici une explication succincte des signes indicateurs des horaires de prières tirée de l’explication du livre « Al-Moukhtasar » de notre chaykh, le Chaykh ^Abdoul‑Lah Al-Harariyy que Allah lui accorde sa miséricorde.

  • La première prière est celle du dhouhr : son temps commence lorsque le soleil s’écarte du milieu du ciel [1] en direction du couchant et dure jusqu’à ce que l’ombre d’un objet s’allonge de sa propre hauteur en plus de l’ombre qu’il avait au moment de la culmination du soleil. L’ombre au moment de la culmination du soleil est l’ombre observable lorsque le soleil est au milieu du ciel [2].
  • Concernant la deuxième prière, celle du ^asr, son temps commence dès la fin du temps du dhouhr, sans intermède entre les deux, et dure jusqu’à la disparition totale du disque solaire.
  • Quant à la troisième prière, celle du maghrib, son temps commence dès la fin du temps du ^asr et dure jusqu’à la disparition de la lueur rouge qui est présente après la disparition du soleil, du côté du couchant.
  • Quant à la quatrième prière, celle du ^icha’, son temps commence à la fin du temps du maghrib et dure jusqu’à l’apparition de l’aube véridique, la lueur blanche transversale à l’horizon est, qui apparaît fine puis s’élargit et se répand. En précisant « l’aube véridique », on exclut « l’aube trompeuse », qui est une lumière verticale dont l’apparition à l’horizon est n’indique pas que le temps du ^icha’ s’achève mais qu’il va bientôt s’achever.
  • Enfin le temps de la cinquième prière, celle du soubh, commence à la fin du temps du ^icha’ et dure jusqu’à l’apparition de la première partie du soleil.

La figure 1 ci-après présente une schématisation permettant de comprendre facilement les signes indicateurs des horaires des cinq prières. La figure 6 plus loin fournit aussi des explications additionnelles.

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Figure 1 : Signes indicateurs des horaires de prière

Mais revenons à la prière du soubh pour signaler que le temps du soubh commence dès l’apparition de la lueur blanche transversale à l’horizon est, et non pas une fois que la lumière s‘est diffusée dans les rues et dans les maisons. Il est rapporté dans le Sahih de Al-Boukhariyy [3] que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam commençait la prière du soubh alors que régnait le ghalas à savoir le mélange de l’obscurité de la nuit et de la lumière du soubh. Il est aussi rapporté dans le Sahih de Mouslim [4] que le Prophète a appelé à la prière alors que les gens ne se reconnaissaient quasiment pas les uns les autres [à cause de l’obscurité]. Voyez dans ce cas les figures 2 à 5, une série de quatre photos prises à Roquebrune-Cap-Martin dans le sud de la France, à l’aube du 17 août 2010, à 2 minutes d’intervalle l’une de l’autre et qui montrent le début de l’apparition de l’aube véritable. On note en particulier qu’une grande partie du ciel reste sombre un certain temps après l’apparition de l’aube. Pour bien distinguer les nuances, il est préférable de télécharger les photos de et de les afficher l’une après l’autre sur un écran dans l’obscurité.

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Figure 2 : La première photo. L’aube n’est pas encore apparue. Le ciel est clair et les étoiles sont visibles.

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Figure 3 : La deuxième photo où l’aube véritable commence à apparaître.

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Figure 4 : Troisième photo. L’aube commence à se diffuser et à s’élargir.

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Figure 5: Quatrième photo. L’aube véritable se diffuse à travers l’horizon et s’élargir plus vers le ciel. On peut remarquer que les étoiles se sont déplacées dans le sens des aiguilles d’une montre.

3. Méthodologie adoptée pour déterminer les horaires des calendriers de l’APBIF

Les horaires de prière publiés par l’APBIF dans son calendrier 2013 et sur le site www.apbif.org ont été obtenus selon la méthodologie suivante :

  1. L’observation visuelle : des observations visuelles des horaires des cinq prières ont été effectuées dans plusieurs endroits en France (Paris, St-Dizier, St-Etienne, Marseille, Montpellier, Nîmes, Narbonne, Nice, etc.) et ailleurs dans le monde. Les observations ont été effectuées pendant plus de dix ans par des personnes expérimentées et avec une grande précision [5].
  2. La modélisation : En se basant sur ces observations, un modèle de calcul des horaires a été élaboré et paramétré par des universitaires spécialistes dans ce domaine. Ce modèle tient compte tout particulièrement de la position géographique et des changements saisonniers. Il été utilisé pour établir des calendriers annuels d’horaires des cinq prières pour différentes villes de France.
  3. La vérification : Les horaires obtenus par le calcul ont été vérifiés par des observations visuelles que nous avons réalisées dans plusieurs villes en France, plusieurs fois par trimestre. Il est important de noter que la vérification des horaires au début, au milieu et à la fin d’un mois par exemple, est suffisante pour valider par estimation les horaires de tout le mois, compte tenu de la régularité de l’évolution des horaires sur la période d’un mois. Il est important de noter également que la vérification des horaires dans deux localités A et B de même latitude permet de vérifier les horaires de toutes les localités de même latitude situées entre A et B [6].
    Nous avons d’autre part vérifié ce modèle de calcul en comparant les horaires qu’il produit pour certaines villes de pays musulmans, avec les horaires basés sur l’observation visuelle établis par des savants spécialistes, tels que Abou ^Aliyy Al-Marrak­chiyy pour Marrakech et Mouhammad Al-Barbir pour Beyrouth.
    Nous avons enfin vérifié les horaires produits par nos calculs avec les horaires des calendriers officiels de plusieurs pays arabo-musulmans, Egypte, Maroc, Syrie, etc. basés eux aussi sur l’observation visuelle dans ces pays.
    Les vérifications ont donné des résultats concordants et ont permis de valider le modèle de calcul. Nous avons donc adoptés les horaires qu’il produit dans nos calendriers. Néanmoins, vu que nous n’avons pas effectué de vérification exhaustive, nous les présentons aux musulmans en tant qu’estimation très fiable des horaires de prières puisqu’ils sont basés sur une méthodologie scientifique rigoureuse. Par conséquent, nous invitons toute personne soucieuse de la validité de ses actes d’adoration à vérifier visuellement les horaires que nous publions et à nous communiquer les résultats de son observation par mail à l’adresse calendrier@apbif.org
  4. La précaution : Nous avons ajouté aux horaires obtenus par le calcul des minutes de précaution,  six minutes, pour les horaires du soubhdhouhr, ^asr et maghrib. Cet ajout est important car notre objectif est de pouvoir s’assurer par l’observation visuelle du début des horaires obtenus par le calcul. En effet, plusieurs facteurs peuvent avoir un impact sur le résultat de cette validation : l’incertitude dans les mesures des longueurs des ombres, ou bien l’incertitude dans le positionnement des marqueurs par rapport à la véritable direction nord/sud peuvent entacher le résultat des observations. Il y a aussi l’incertitude dans les coordonnés de l’endroit pour lequel le calcul est effectué. D’autre part, les calculs sont effectués avec des valeurs de référence de température, de pollution et d’humidité. Ces paramètres ont en effet un impact sur les horaires. Comme la valeur réelle de ces facteurs varie d’un jour à l’autre, cette variation aura un impact sur les horaires observables mais n’est pas prise en compte par le modèle de calcul. Il est donc primordial pour pouvoir s’assurer du début des horaires par l’observation visuelle d’ajouter ces minutes de précaution. Nous n’avons pas ajouté des minutes de précaution au ^icha’ car nous avons vérifié à plusieurs reprises à l’œil nu que le ^icha‘ est entré quand le soleil est à 12 degrés en dessous de l’horizon. Il n’y a donc pas d’incertitude de mesure. Les résultats des observations sur plusieurs années et dans plusieurs endroits en France ont permis de confirmer que les temps des prières ont effectivement commencé au moment indiqué dans le calendrier.
    Étant donné qu’un délai de précaution a été ajouté pour être sûr que le temps a effectivement commencé à l’horaire indiqué, et sachant qu’il est un devoir d’entamer la prière alors qu’il reste encore une durée suffisante pour l’accomplir en totalité avant la fin de son temps, il est très important de ne pas retarder les prières jusqu’aux dernières minutes précédant la fin du temps indiqué dans le calendrier. De même, il est très important d’arrêter de manger par précaution à l’heure de l’Imsak indiquée sur nos calendriers de Ramadan, c’est-à-dire vingt minutes avant l’horaire indiqué pour le soubh.

4. Détails concernant le ^icha’ et le soubh

La connaissance des horaires du ^icha’ et du soubh est basée sur un signe indicateur qui est la lueur à l’horizon. Pour mieux comprendre ce sujet, il convient de regarder la figure 6 ci-dessous qui représente la trajectoire apparente du soleil.

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Figure 6 : Trajectoire apparente du soleil en un jour et une nuit le 21 mars à Paris (les angles et les distances ne sont pas à l’échelle)

Le soleil se lève le 21 mars à l’est géographique puis se dirige vers le sud et vers l’ouest.

Il arrive à midi solaire au milieu du ciel. Il est alors plein sud et sa hauteur [7] est la plus élevée de la journée. On dit que le soleil est arrivé à son point de culmination ou à son zénith (et non pas au Zénith).

Puis le soleil quitte le milieu du ciel pour se diriger vers le nord et vers l’ouest puis se coucher à l’ouest géographique de ce jour-là.

Le soleil continue sa trajectoire en dessous de l’horizon et la valeur absolue de sa hauteur (devenue négative en dessous de l’horizon) augmente. Au coucher du soleil, son centre est en dessous de l’horizon à une hauteur négative de -1 degré. Puis le soleil descend encore plus et sa hauteur atteint -6 degrés puis -12 degrés puis -18 (c’est-à-dire 18 degrés en dessous de l’horizon). Il continue sa trajectoire pour atteindre la hauteur la plus basse cette nuit-là (la valeur absolue de l’angle est le maximum atteint cette nuit) au milieu de la nuit astronomique. C’est le moment qu’on appelle le minuit solaire. Le soleil se trouve à ce moment là en dessous de l’horizon en direction du nord géographique.

Puis le soleil continue une trajectoire symétrique pour se lever le lendemain à un endroit un peu plus au nord que le lever du 21 mars. La figure 7 ci-après représente la trajectoire du soleil juste avant et après son coucher.

figure7

Figure 7 : Trajectoire du soleil en dessous de l’horizon après le coucher du soleil, telle qu’elle peut être imaginée par un observateur situé à Paris et regardant vers l’horizon ouest (considéré en océan) le 21 mars à 19h45. À noter les quatre positions correspondant au coucher du soleil (-1) et à la fin des crépuscules civil (‑6), nautique (-12) et astronomique (-18). Un détail pour les personnes intéressées : la luminosité du ciel et la position des étoiles visualisés correspondent à un soleil à -7 degrés en dessous de l’horizon (à 19h45). L’image de fond est obtenue avec le logiciel Stellarium.

 

Pour terminer cette introduction explicative nous présentons dans les figures 8 à 11 une série de quatre clichés réalisés grâce à un logiciel de simulation (stellarium.com). Ces clichés ne correspondent bien évidemment pas à l’aspect réel du ciel. Ils sont montrés uniquement pour donner une idée sur le changement de l’aspect de l’horizon à Paris entre le moment du coucher du soleil, et quand le soleil atteint, en dessous de l’horizon, 6 degrés, 12 degrés et 18 degrés.

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Figure 8 : Aspect de l’horizon ouest juste après le coucher du soleil.

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Figure 9 : Aspect de l’horizon ouest à la fin du crépuscule civil. 

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Figure 10 : Aspect de l’horizon ouest à la fin du crépuscule nautique.

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Figure 11 : Aspect de l’horizon ouest à la fin du crépuscule astronomique.

 

Pour le ^icha’, il est important d’observer qu’en réalité, après la disparition de la lueur rouge du côté ouest, il reste une lueur jaune et une lueur blanche qui disparaissent successivement par la suite. Le temps du ^icha’ indiqué dans ce calendrier correspond à la disparition de la lueur rouge (les lueurs jaune et blanche étant encore visibles), conformément aux écoles des Imams Ach-Chafi^iyy, Malik et Ahmad Ibnou Hanbal. Cette disparition correspond à une hauteur du soleil de 12° sous l’horizon.

Les temps indiqués pour le ^icha’ dans les calendriers de l’APBIF ont été observés dans plusieurs villes, sur plusieurs années et plusieurs fois par trimestre. Ces observations ont permis de confirmer la disparition de la lueur rouge à l’horizon ouest quand le soleil arrive à 12° sous l’horizon, ce qui correspond à la fin du crépuscule nautique chez les astronomes.

Cependant, selon l’imam Abou Hanifah, le temps du ^icha’ commence à la disparition de la lueur blanche. Les observations nous ont permis de vérifier que la lueur blanche disparaît quand le soleil est à 18 degrés en dessous de l’horizon. Or le soleil n’y arrive pas toujours toute l’année partout en France, comme nous l’expliquerons plus bas. Nous adoptons donc l’avis des imams Ach-Chafi^iyy, Malik et Ahmad Ibnou Hanbal pour le temps du ^icha’ dans nos calendriers.

Pour la prière du soubh, l’horaire indiqué correspond au moment où le soleil atteint une hauteur de 18° sous l’horizon, hauteur à laquelle les premiers rayons sont visibles du point d’observation, de sorte qu’à l’horizon est, la lueur blanche de l’aube véridique se distingue de l’obscurité de la nuit.

Le fait que cette position du soleil (18° sous l’horizon) corresponde à l’apparition de l’aube véridique a été mentionné par le célèbre astronome musulman Al-Bayrouniyy [8], décédé en 440 de l’Hégire. D’autres que lui l’ont mentionné aussi [9]. Cette position correspond aux horaires du soubh vérifiés par l’observation qui ont été consignés dans la plupart des calendriers des pays musulmans [10].

Mentionnons enfin un point important au sujet de l’observation de l’horaire du soubh. Quand le soleil atteint les 18° sous l’horizon, la luminosité est très fine, avant qu’elle s’élargisse et se répande. À ce moment-là, la pollution lumineuse a un très grand impact sur la capacité de distinguer la lumière de l’aube de celle des villes. Il est à noter que cette pollution lumineuse n’existait pas à l’époque du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam et qu’on pouvait distinguer le « fil » blanc du « fil » noir (c’est-à-dire le contraste entre la lumière du jour et l’obscurité de la nuit) dès l’apparition de l’aube. Si l’on cherche à observer l’apparition de l’aube, il convient d’en tenir compte et de s’éloigner complètement de toute pollution lumineuse. Il convient de choisir aussi une nuit en début ou en fin de mois lunaire pour éviter que la lumière de la lune ait ce même impact sur la visibilité. Il faut aussi vérifier qu’il n’y a pas de nuages ou de la brume. L’humidité et la poussière ont aussi un impact. Tous ces éléments ont été pris en compte quand nous avons vérifié les horaires du soubh indiqués dans les calendriers de l’APBIF.

Les observations que nous avons réalisées en respectant les conditions ci-dessus, nous ont permis de vérifier que le temps du soubh a effectivement commencé quand le soleil atteint les 18° sous l’horizon et donc de confirmer la validité des horaires calculés du soubh.

Si ces conditions ne sont pas réunies, il est difficile de constater la lueur de l’aube au début du temps et il faut attendre un certain moment [11] jusqu’à ce que la luminosité de l’aube puisse être visible. Toutefois, il ne faut pas retarder l’heure du soubh jusqu’à cet instant car le soubh est visible à l’œil nu bien avant, quand les conditions sont réunies.

5. L’absence de nuit noire

Cependant, dans certaines régions et à certaines périodes de l’année, il n’y a pas de nuit noire : la lueur blanche reste visible toute la nuit, même du côté de l’horizon est. Le signe qui indique le début du soubh y est donc absent.

Pour bien comprendre le problème, regardons la figure 12. Les cloches superposées représentent les zones ayant des niveaux de luminosité similaires dans le ciel et à l’horizon. La cloche intérieure représente toutes les régions où il y a une nuit noire à l’instant considéré dans la figure (la nuit du 21 juin). Tous les endroits sur la ligne pointillée noire enveloppant la cloche extérieure du côté est (repère A) observent le lever du soleil au même moment. On dit que ces endroits ont des levers du soleil simultanés (‘ittihadoul-matali^). Tous les endroits sur la ligne pointillée noire enveloppant la cloche extérieure du côté ouest (repère B) observent le coucher du soleil au même moment. On dit que ces endroits ont des couchers du soleil simultanés (‘ittihadoul-magharib^). La ligne pointillée entière représente donc la ligne du coucher et du lever du soleil (début et fin de la nuit solaire).

 

figure12

Figure 12 : Planisphère Jour/Nuit le 21 juin. Avec l’avancement du soleil, les « cloches » superposées se déplacent de droite à gauche. Au-dessus de la ligne du cercle polaire, le soleil ne se couche pas.

La flèche E représente donc la durée de la nuit solaire pour les villes et les endroits situés sur le tropique du cancer. Quant à la ligne pointillée jaune (repères C et D), elle représente les endroits où la lune se couche et se lève au même moment.

Revenons aux cloches : la cloche extérieure représente du côté ouest indiqué par le repère CC, les endroits où le soleil est déjà couché et où il y a le crépuscule civil (c’est-à-dire que le soleil se trouve en dessous de l’horizon à moins de 6 degrés).

La cloche juste en dessous représente du côté ouest indiqué par le repère CN, les endroits où il y a le crépuscule nautique (c’est-à-dire que le soleil se trouve entre 6 degrés et 12 degrés en dessous de l’horizon).

La cloche suivante représente du côté ouest indiqué par le repère CA, les endroits où il y a le crépuscule astronomique (c’est-à-dire que le soleil est entre 12 degrés et 18 degrés en dessous de l’horizon).

La quatrième cloche (celle qui est le plus à l’intérieur) représente la zone de nuit noire (c’est-à-dire que le soleil est en dessous de 18 degrés en dessous de l’horizon, aucune lumière du soleil n’est visible à ces endroits).

Avec l’avancement du soleil sur sa trajectoire, ces cloches se déplacent uniformément de droite à gauche. Considérons une ville quelconque sur le tropique du cancer, on y observera d’abord le coucher du soleil (arrivée de la ligne en pointillé noire), puis la fin du crépuscule civil, puis nautique, puis astronomique pour entrer en « nuit noire ». Puis arrive le crépuscule astronomique du côté est, puis le nautique, puis le civil pour ensuite assister au lever du soleil.

Le repère P indiquant la ville de Paris se trouve, au milieu de la nuit solaire (celle du 21 juin), dans la cloche CA. Cela signifie qu’il n’y a pas de nuit noire à Paris cette nuit-là. En effet, il y a une période de l’année où le soleil n’atteint pas 18° sous l’horizon dans les régions dont la latitude est supérieure à 48°33’ (au nord d’une ligne joignant Strasbourg à St Brieuc en passant par Melun indiquée par le repère GG’). Cette période de l’année est d’autant plus longue que l’endroit est situé plus au nord et elle dure autant de jours avant le 21 juin [12] qu’après, en l’occurrence du 12 au 30 juin à Paris [13].

Il est à noter et à rappeler que la lueur rouge du côté ouest disparaît quand le soleil arrive à 12 degrés en dessous de l’horizon et que la lueur blanche disparaît complètement quand le soleil arrive à 18 degrés en dessous de l’horizon. Certaines nuits de l’année en Europe du Nord, même la lueur rouge reste visible toute la nuit, mais ce n’est pas le cas en France : le signe indiquant le début du temps du ^icha’ selon les 3 écoles mentionnées est présent partout en France toute l’année.

En revanche, Copenhague se trouve le 21 juin dans la zone CN à minuit solaire. La lueur rouge ne disparaît pas de toute la nuit car le soleil n’arrive pas à 12 degrés en dessous de l’horizon. Plus au nord encore, au-delà du cercle polaire, le soleil ne se couche pas le 21 juin. Ceci peut être constaté sur la figure 6 en remarquant que la ligne pointillée noire ne va pas au-delà de la ligne du cercle polaire.

Regardons maintenant le côté est des cloches. La ligne indiquée par le repère A est celle du lever du soleil. En revanche, le soubh apparaît quand le soleil est à 18 degrés en dessous de l’horizon (pointe de la flèche F). En effet, la flèche F représente la durée de la nuit définie dans les textes de la religion : entre le coucher du soleil et la levée de l’aube véridique.

En résumé, le soleil arrive à tout endroit en France et toute l’année à 12 degrés en dessous de l’horizon. Il n’y a donc aucun problème pour déterminer l’horaire du ^icha’ : le signe qui est la disparition de la lueur rouge est observable partout.

Quant au soubh, le signe qui est l’apparition de la lueur blanche après l’obscurité de la nuit noire n’est pas observable dans certaines régions et à une certaine période de l’année en France. Nous allons expliquer la méthode pour déterminer l’horaire du soubh pour les régions concernées et pour la période pendant laquelle le signe indiquant le début du soubh est « absent ».

6. Méthode pour déterminer l’horaire du soubh en l’absence du signe indicateur

Les savants de l’Islam ont mentionné que pour déterminer l’horaire du soubh pour une ville A où la lueur blanche ne disparaît pas, il faut l’estimer en se basant sur l’observation à l’endroit B le plus proche où l’on puisse observer l’apparition de l’aube après l’obscurité de la nuit, de telle sorte que le rapport de la durée du soubh à la durée de la totalité de la nuit en A soit le même qu’en B (voir les commentaires du livre de Abou Chouja^ à ce sujet [14]). Pour les régions du nord de la France, cet endroit B se trouve plus au sud, à la même longitude que la ville A dont on veut déterminer l’horaire.

Étant donné que l’on cherche l’endroit le plus proche, B sera l’endroit au sud de A où le soleil atteint la hauteur de 18° sous l’horizon au milieu de la nuit solaire [15]. La durée du soubh à l’endroit B est donc égale à la moitié de la nuit solaire.

Les livres de fiqh mentionnant qu’il faut estimer la durée du soubh en A proportionnellement, le temps du soubh doit également durer la moitié de la nuit solaire à l’endroit A. Par conséquent, l’horaire du soubh pour la ville A en question commence aussi au minuit solaire local, même si le soleil n’atteint pas 18° sous l’horizon à cet endroit-là. Ce moment correspond néanmoins au moment le plus sombre de la nuit dans cette ville A. Précisons que le milieu de la nuit solaire a lieu au même instant aux deux endroits A et B car ils se trouvent à la même longitude [16].

Le début du temps du soubh dans les endroits où le soleil n’arrive pas à 18 degrés en dessous de l’horizon correspond donc au milieu de la nuit solaire à ces endroits-là.

Pour nos calendriers, nous avons donc adopté la méthode suivante pour déterminer l’horaire du soubh [17] :

  • Cas 1 : Tant que le soleil atteint la hauteur de 18° sous l’horizon, le temps du soubh correspond au moment où le soleil atteint cette hauteur du côté est, et ce, même si la durée de la nuit noire est courte. En effet, même si la durée du temps d’une prière est plus longue pendant une période de l’année et plus courte pendant une autre période, l’horaire de la prière commence avec l’apparition du signe indicateur tant qu’il est observable. Il n’est pas autorisé de délaisser le signe prescrit par la religion sous prétexte de vouloir obtenir des horaires « cohérents ».
  • Cas 2 : quand le soleil n’atteint pas les 18° sous l’horizon et uniquement dans ce cas-là, le temps du soubh est déterminé par la méthode alternative décrite ci-dessus (début du soubh estimé à minuit solaire) qui est conforme à ce qu’ont mentionné les savants de l’Islam.

Il est en effet interdit de délaisser les horaires obtenus par l’observation dans un endroit où l’observation est possible. Ceci étant, les savants ont indiqué la méthode à suivre quand le signe indiquant le début de la prière est absent (on rappelle que ceci n’a lieu que pour le soubh uniquement, au nord de la latitude 48°33’ et aux alentours du 21 juin pour la France).

7. L’approche dite « du 12ème degré » n’est pas valable

Pour résoudre le problème de la détermination de l’horaire du soubh en cas d’absence de nuit noire, nous avons suivi la méthode mentionnée par les spécialistes du fiqh anciens. Notre méthodologie se distingue donc de l’approche utilisée dans certains calendriers par ceux qui adoptent de façon arbitraire la hauteur de ‑12° pour préconiser le temps du soubh et qui – pire encore – généralisent cette approche à toute l’année et à toutes les villes de France, y compris les villes situées au sud de la ligne Strasbourg – St Brieuc !

Cette approche, dite du « 12ème degré de latitude », n’est en rien « un choix plus aisé » ; quelqu’un de soucieux pour sa religion remarquera que cette approche revient à induire les musulmans en erreur en préconisant pour le soubh un horaire largement ultérieur au début effectif du temps du soubh. Or c’est un grand problème pour le jeûne du mois de Ramadan car les musulmans qui suivent ces horaires continuent de manger et à boire alors que l’aube est déjà apparue !

Pour se rendre compte de la gravité du problème, il suffit de regarder les photos des figures 13 et 14 prises en deux lieux différents.

Rappelons d’abord que le temps du soubh commence dès que la lueur blanche transversale est observable à l’horizon est et ce, même si le reste du ciel est sombre, conformément à ce qui a été tiré des actes du Prophète (voir les hadith de Al-Boukhariyy et Mouslim cités dans les notes 3 et 4) et comme l’ont illustré les photos de la levée de l’aube des figures 2 à 5.

En regardant les figures 13 et 14, on se rend compte que l’horaire du soubh a déjà commencé depuis un bon moment aux deux endroits. Or les calendriers qui adoptent le 12ème degré pour le soubh prétendent dans le premier cas que l’horaire du soubh n’a pas encore commencé et dans le deuxième que c’est le début de l’horaire du soubh !

Toutes les informations (localisation, date, heure) concernant ces photos sont fournies. Les spécialistes pourront donc vérifier que la position des étoiles visibles sur les photos correspond exactement à ce qui est prévisible et observable à l’instant mentionné. Celui qui veut peut donc vérifier tout seul l’authenticité des heures de prise de ces photos.

figure13

Figure 13 : Photo prise à Gregy-sur-Yerre (48°38’16.28″N, 2°37’46.75″E) près d’Evry, le 24 juillet 2012 correspondant au 5 Ramadan 1433 de l’Hégire, à 4h35. Cette nuit-là, ceux qui adoptent l’approche dite du « 12ème degré » préconisent aux musulmans de Paris de manger jusqu’à 4h43, c’est-à-dire bien après l’aube véridique.

 

Ceci est d’autant plus grave que ceux qui ont innové cette approche :

  • la généralisent à toute l’année, y compris aux périodes où le soleil arrive partout en France à une hauteur de 18° ou plus sous l’horizon, prétextant permettre, disent-ils, une « stabilité des calculs » sur toute l’année.
  • et qu’ils la généralisent aussi à toute la France, y compris les villes dans lesquelles le soleil arrive toute l’année à une hauteur de 18° sous l’horizon, (Voir l’exemple de Roquebrune-Cap-Martin à côté de Nice, figure 14).

Or, pour régler un problème réel mais localisé dans le temps et dans l’espace, il n’y a aucune raison de généraliser une approche – qui est arbitraire – à des périodes et à des endroits où ce problème n’existe pas !

figure14

Figure 14 : Photo prise à Roquebrune-Cap-Martin (43°45‘0.15″N, 7°29’15.63″E) à 18 km de Nice, le 17 août 2010 correspondant au 8 Ramadan 1431 de l’Hégire, à 5h23. Cette nuit-là, ceux qui ont adopté le « 12ème degré » préconisent aux musulmans de Nice d’arrêter de manger à l’instant même où cette photo a été prise : c’est-à-dire longtemps après l’aube véridique.

 

Il y a une nuit noire toute l’année dans tout le sud de la France.

Pourtant des calendriers y adoptent l’approche dite du « 12ème degré », pourquoi ?

Qui plus est, même pour les régions où il n’y a pas de nuit noire en été, c’est-à-dire là où la lueur blanche reste visible toute la nuit (au nord de la ligne St Brieuc – Strasbourg), adopter la hauteur de 12° en dessous de l’horizon pour préconiser le temps du soubh représente un choix arbitraire car il n’est fondé sur aucun signe que l’on puisse prendre en considération dans la Loi de l’Islam.

En effet, comme cela a été expliqué précédemment, en cas d’impossibilité d’observer les signes indiquant le début du temps du soubh, les savants de l’Islam mentionnent que l’on doit estimer la durée de l’horaire de telle sorte que le rapport de la durée du soubh à la durée de la totalité de la nuit soit le même qu’à l’endroit le plus proche où le signe est observable, et non pas qu’il faudrait adopter arbitrairement une hauteur du soleil quelconque pour déterminer le temps du soubh ou d’une autre prière. Les horaires publiés par l’APBIF correspondent à la méthode expliquée par les savants de l’Islam.

8. Conclusion

L’APBIF rappelle aux musulmans qu’il est primordial d’accorder une grande attention à l’apprentissage de la croyance musulmane et qu’il est très important d’apprendre les règles pratiques de la religion afin d’accomplir correctement ses actes d’adoration comme la prière et le jeûne,

  • en accomplissant les piliers,
  • en respectant les conditions de validité,
  • et en évitant les causes d’annulation.

Si les horaires publiés par l’APBIF dans ses calendriers et sur le site www.apbif.org ont effectivement été obtenus par des calculs, un échantillon de ces horaires, représentatif spatialement de la France et temporellement de toute l’année, a bel et bien été confirmé par l’observation visuelle, conformément aux règles enseignées par le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wa sallam.

Nous invitons toute personne soucieuse de la validité de ses actes d’adoration à vérifier visuellement par elle-même les horaires que nous publions et à nous communiquer les résultats de ses observations par mail à l’adresse calendrier@apbif.org

L’APBIF invite tout musulman voulant apprendre les règles de la prière ou du jeûne ou voulant approfondir ses connaissances de l’Islam, à contacter l’un des Centres d’activités de l’Association des Projets de Bienfaisance Islamiques en France dont les coordonnées figurent dans son site www.apbif.org.


[1] Le milieu du ciel est le plan séparant l’est de l’ouest et passant par l’endroit où l’on se trouve. Il est appelé aussi le plan méridien du lieu d’observation. Dans les régions situées au nord de l’équateur, le soleil est exactement dans la direction du sud géographique quand il arrive au milieu du ciel. À ce moment-là, l’ombre d’un objet pointe vers le nord et atteint sa longueur minimale de la journée ; on l’appelle l’ombre à la culmination.

[2] En France, il y a toujours une ombre au moment de la culmination du soleil, le soleil n’arrivant pas au Zénith au delà du tropique du Cancer.

[3] Dans le Sahih de Al-Boukhariyy, chapitre des horaires des prières : Mouslim Ibnou Ibrahim nous a dit que Chou^bah nous a dit d’après Sa^d Ibnou Ibrahim, d’après Mouhammad Ibnou ^Amr qui est fils de Al-Haçan fils de ^Aliyy, qu’il a dit : « Nous avons interrogé Jabir à propos de la prière du Prophète, il a dit : il accomplissait la prière du dhouhr au milieu de la journée après que le soleil a quitté le milieu du ciel, et celle du ^asr alors que le soleil était encore fort et sa lumière blanche et celle du maghrib quand elle était due [au coucher du soleil], celle du ^icha’ tôt s’il y avait beaucoup de gens et plus tard s’il y en avait peu, et le soubh lors du ghalas.

[4] Dans le Sahih de Mouslim, Hadith n° 977 : Mouhammad Ibnou ^Abdil-Lah Ibni Noumayr nous a dit : mon père m’a dit que Badr Ibnou ^Outhman nous a dit que Abou Bakr Ibnou Abi Mouça nous a dit, d’après son père, d’après le Messager qu’un personne étant venue l’interroger au sujet des horaires des prières, il ne lui a rien répondu sur le champ. Il a dit : il a appelé à la prière du fajr quand l’aube est apparue, alors que les gens ne se reconnaissent quasiment pas les uns les autres [à cause de l’obscurité].

[5] Certains résultats d’observations non précises qui nous avaient été présentés ont été écartés : par exemple, pour deux villes A et B de même latitude, A se trouvant à l’ouest de la ville B, il n’est pas concevable selon l’habitude que le soleil arrive à son point de culmination dans la ville A avant qu’il n’arrive à son point de culmination dans la ville B. Des ‘observations’ présentant de telles irrégularités sont donc nécessairement erronées et doivent être écartées.

[6] Par exemple, le 1er novembre à Montmirail (48°51’23.35″N, 3°32’4.67″E, à 87 Km à l’est de Paris) le soleil se lève à 7h31 au centre de Paris (48°51’23.35″N, 2°21’6.51″E) il se lève à 7h35 et sur l’aérodrome de Coulommiers (48°51’23.35″N, 2°56’44.22″E, à mi-chemin entre les deux villes) il se lève à 7h33. Nos calculs ont permis de vérifier tout cela.

[7] La « hauteur » du soleil est l’angle que fait la direction du soleil avec le plan horizontal. Plus précisément, c’est l’angle entre la droite joignant le centre du disque solaire au point d’observation et le plan horizontal passant par le point d’observation. La hauteur est négative si le soleil est en dessous de l’horizon (Voir pour illustration les figures 6 et 7).

[8] Al-Qanounou l-Mas^oudiyy, Abou r-Rayhan Al-Bayrouniyy, imprimé à Haydar ‘Abad en Inde, en 1374 de l’Hégire (1955), Tome 2, pages 949-950.

[9] Voir une compilation des paroles des anciens astronomes musulmans dans ‘Idahou l-Qawli l-Haqqi fi Miqdari-nhitati ch-Chamsi Waqta Toulou^i l-Fajri wa Maghibi ch-Chafaq, par Mouhammad Ibnou ^Abdil-Wahhab Ibni ^Abdir-Razzaq Al-Faciyy, Al-Marrakchiyy, Bibliothèque de Al-Masjid Al-Kabir, Koweït.

[10] Les horaires du Soubh indiqués dans le calendrier édité par le Chaykh Mouhammad Al-Barbir (qui a vérifié les horaires à Beyrouth pendant plusieurs années) correspondent à une hauteur du soleil proche de 19 degrés en dessous de l’horizon. Il est probable que cela corresponde à un délai de précaution pour l’Imsak.

[11] Cela pourra durer trente minutes ou plus en été selon les conditions. Il ne faudrait donc pas s’étonner si les premières lueurs de l’aube ne sont pas observables en ville à l’heure indiquée pour le soubh. Pour les observer, il faudra aller à un endroit où l’on peut éviter l’effet de la pollution lumineuse.

[12] Le 21 juin, la journée solaire est la plus longue de l’année dans les régions situées au nord de l’équateur.

[13] Et non de mi-mai à mi-juin comme cela a été mentionné abusivement par certains.

[14] Par exemple Al-‘Iqna^ou fi Halli ‘Alfadhi ‘Abi Chouja^, Al-Khatib Ach-Charbiniyy, imprimerie Moustafa Al-Halabiyy et Fils en Egypte, édition 1359 de l’Hégire (1940), page 101.

[15] La nuit solaire dure du coucher du soleil jusqu’au lever du soleil. Au milieu de cet intervalle de temps, c’est-à-dire à minuit solaire, le soleil est au plus bas en dessous de l’horizon cette nuit-là et se trouve en direction du nord géographique à l’opposé de la position du soleil à la culmination (voir figure 6).

[16] À minuit solaire, si on se déplace vers le sud d’un degré de latitude (à la même longitude), le soleil descend d’un degré en plus en dessous de l’horizon. La différence de latitude entre la ville A dont on veut déterminer l’horaire et l’endroit B le plus proche au sud où a lieu l’apparition de l’aube après l’obscurité, est donc égale à 18° moins la hauteur du soleil en dessous de l’horizon à minuit solaire à la ville A. L’endroit B n’est donc pas le même toutes les nuits. Il est le plus au sud le 21 juin. À titre d’exemple, si l’on veut déterminer l’horaire du soubh à Copenhague (55°40’ N, 12°34’ E) les 21 mai et 21 juin : le 21 mai, le minuit solaire a lieu à Copenhague à 1h06. À ce moment-là, la hauteur du soleil y est de 14°9’ en dessous de l’horizon. Il faudra aller (18° – 14°9’) soit 3°51’ vers le sud, à la même longitude, pour trouver l’endroit B le plus proche de Copenhague où le soleil atteint les 18° en dessous de l’horizon cette nuit-là. Cet endroit B (51°49’ N, 12°34’ E) se trouve à côté du village de Klitzschena en Allemagne. Le soleil y atteint les 18° en dessous de l’horizon à 1h06. L’horaire du soubh à Copenhague le 21 mai est donc 1h06. Quant au 21 juin, le minuit solaire à Copenhague a lieu à 1h11 cette nuit-là. À ce moment-là, la hauteur du soleil y est de 10°53’ en dessous de l’horizon. Il faudra aller (18° – 10°53’) soit 7°7’ vers le sud, à la même longitude, pour trouver l’endroit B le plus proche de Copenhague où le soleil atteint les 18° en dessous de l’horizon cette nuit-là. Cet endroit B (48°33’ N, 12°34’ E) se trouve à côté du village de Marklkofen en Allemagne. Le soleil y atteint les 18° en dessous de l’horizon à 1h11. L’horaire du soubh à Copenhague le 21 juin est donc 1h11.

[17] Selon Abou Hanifah, le temps du ^icha’ commence à la disparition de la lueur blanche, ce qui correspond à la fin du crépuscule astronomique. Si l’on voulait suivre l’avis de Abou Hanifah pour le ^icha’, il y aurait un problème pendant la période autour du solstice d’été dans les régions du nord de la France. Les horaires du ^icha’ que nous avons publiés correspondent à l’avis des Imams Ach-chafi^iyy, Malik et Ahmad Ibnou Hanbal comme indiqué précédemment, et ne sont donc pas concernés par ce problème.