À la une Prière musulmane : étape par étape

Les piliers de la prière

Article sur les piliers de la prières avec un enregistrement des piliers oraux. L’APBIF vous rappelle que la science s’acquiert par transmission orale et vous encourage à apprendre ce sujet auprès d’un enseignant digne de confiance. Contactez un des centres de l’APBIF pour suivre gratuitement des cours sur la science de la religion.

Il est un devoir pour toute personne responsable d’accomplir les obligations, telles que la prière, la zakat, le jeûne. Il lui est obligatoire de les accomplir de la manière que Dieu lui a ordonnée : en effectuant leurs piliers. Un pilier, c’est une chose qui fait partie d’un acte et sans laquelle l’acte n’est pas valable. Les piliers de la prière sont au nombre de dix-sept.

Les piliers de la prière sont au nombre de dix-sept :

  • Le premier pilier est d’avoir l’intention présente dans le cœur d’accomplir l’acte de la prière.

Par conséquent, il n’est pas une condition que l’intention soit prononcée par la langue. Si l’on ne prononce pas de formule avec la langue, cela n’est pas préjudiciable pour la validité de la prière, tant que l’on a eu l’intention présente dans le cœur.

Il est indispensable :

– que l’intention soit présente lors de la prononciation du takbir (c’est-à-dire la parole الله أكبر « Allahou ‘akbar »)

– en précisant dans l’intention la prière qui a une cause comme la prière de l’éclipse lunaire ou la prière pour demander la pluie

– ou un temps particulier comme le ^asr ou la prière du douha,

– en ayant nécessairement l’intention d’accomplir une obligation si c’est pour une prière obligatoire. L’intention sera par exemple : je fais la prière obligatoire du ^asr ou ce qui est de cet ordre.

  • Le second : dire الله أكبر « Allahou ‘akbar » de façon à s’entendre soi-même, comme pour tout pilier oral, tel que la Fatihah et le dernier tachahhoud.

Cliquez ci-dessous pour écouter la prononciation de la parole الله أكبر « Allahou ‘akbar »

Il est une condition :

– de ne pas prolonger la أ (hamzah) qui est au début du nom de الله Allah, ainsi on ne dit pas : آلله Allah.

 – de ne pas prolonger la lettre ب (ba‘) du mot أكبـر ‘akbar, ainsi on ne dit pas : أكبار ‘akbar.

– de ne pas rajouter un و (waw) avant le nom de الله Allah, ainsi on ne dit pas : والله أكبر wAllahou ‘akbar.

– de ne pas rajouter un و (waw) après le nom de الله Allah et avant le mot أكبر ‘akbar, ainsi on ne dit pas : الله وأكبر Allahou wa ‘akbar.

– et de ne pas changer la أ (hamzah) du mot أكبر ‘akbar en و (waw), ainsi on ne dit pas : الله وكبر Allahou wakbar.

Par conséquent, si quelqu’un ne satisfait pas à l’une des conditions ci-dessus, sa prière n’est pas entamée.

  • Le troisième : se tenir debout pour celui qui en a la capacité dans la prière obligatoire, même si c’est une prière obligatoire par vœu ou une prière funéraire. La condition de validité de la position debout est remplie :

– en se tenant sur ses deux pieds,

– et le dos à la verticale.

 Mais celui qui ne peut pas se tenir debout fait la prière en étant assis ; s’il en est incapable, il s’allonge sur le côté ; s’il en est incapable, il s’allonge sur le dos.

  • Le quatrième : réciter la Fatihah, pour celui qui prie seul, ou en étant imam, ou en étant dirigé. 

Cliquez ci-dessous pour écouter la récitation de الفاتحة Al-Fatihah

Il est une condition :

– de réciter l’ensemble de ses ayah avec la basmalah, car c’est le premier des versets –ayah– de la Fatihah ;

– de prononcer la Fatihah avec les lettres doublées –at-tachdidatــّـ qui sont au nombre de quatorze ;

– de réciter les ayah sans faire d’interruption, de sorte à ne pas séparer ses paroles par un temps de pause plus long que la pause qui est nécessaire pour reprendre sa respiration ;

– en veillant à les réciter conformément à l’ordre connu ;

– de produire les lettres de leur point d’articulation. La lettre qui demande le plus d’attention en cela est le ص (sad), étant donné que beaucoup de gens ne le produisent pas correctement de son point d’articulation, mais entre celui du س (sin) et du ص (sad), sans que ce soit un س (sin) pur ni un ص (sad) pur ;

– et d’éviter toute erreur dans la récitation qui change le sens ou qui l’annule. Une erreur qui change le sens, c’est comme par exemple prononcer la lettre ت (ta) de أنعمتَ (‘an^amta) avec le son « ou » (‘an^amtou) ou bien « i » (‘an^amti).

Quant à l’erreur qui annule le sens, c’est par exemple prononcer le mot الذين (‘alladhina) avec un ز (zay) au lieu d’un ذ (dhal), ainsi on ne dit pas الزين (‘allazina) ce qui n’aurait plus de sens.

Une erreur de récitation qui ne porte pas atteinte au sens est interdite, mais n’annule pas la prière, comme lire le ن (noun) de نَعبد (na^boudou) avec le son « i » en disant : نِعبد (ni^boudou) ; mais cela n’annule pas la prière.

  • Le cinquième : l’inclination. S’incliner consiste à pencher le tronc vers l’avant sans trop plier les genoux, mais de sorte que les paumes des mains, compte tenu de proportions moyennes, puissent atteindre les genoux si on posait les mains dessus. Il n’est pas suffisant que les doigts seulement atteignent les genoux.
  • Le sixième : la quiétude qui consiste à immobiliser simultanément tous les membres dans leur position pendant une durée équivalente au temps nécessaire pour dire « سبحان الله soubhana l-Lah ».
  • Le septième : le redressement, qui consiste à revenir à la position antérieure à l’inclination : si on était debout avant l’inclination, le redressement est réalisé en se remettant debout après s’être incliné, et de même en fonction du cas.
  • Le huitième : la quiétude dans la position redressée.
  • Le neuvième : la prosternation :

– deux fois dans chaque cycle de prière,

– en posant le front découvert, le front est la partie située entre les deux os frontaux,

– tout entier ou en partie,

– sur l’endroit de la prosternation,

– et en s’appuyant dessus, si quelqu’un appuyait sa tête avec la même pression sur du coton posé sur sa main, le coton se comprimerait et il ressentirait cette pression sur la main,

– en mettant la partie inférieure du corps plus haut que la partie supérieure.

Il est une condition d’accomplir la prosternation en posant une partie même réduite :

 – des genoux,

– du plat des mains,

– et du plat des orteils, sur l’endroit de sa prosternation, même s’ils ne sont pas découverts.

  • Le dixième : la quiétude dans les prosternations.
  • Le onzième : s’asseoir entre les deux prosternations.
  • Le douzième : la quiétude dans la position assise.
  • Le treizième : s’asseoir pour réciter le dernier tachahhoud et ce qui le suit, à savoir l’invocation en faveur du Prophète puis le salut rituel de clôture.
  • Le quatorzième : réciter le dernier tachahhoud :

Cliquez ci-dessous pour écouter la récitation du tachahhoud :

At-tahiyyatou l-moubarakatou ssalawatou t-tayyibatou lil-Lah,

التحيات المباركات الصلوات الطيبات لله

as-salamou ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou warahmatou l-Lahi wabarakatouh,

السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته

as-salamou ^alayna wa^ala ^ibadi l-Lahi ssalihin,

السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين

’ach-hadou ’an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa’ach-hadou ‘anna Mouhammadan raçoulou l-Lah

أشهد أن لا إله إلا الله وأشهد أن محمدا رسول الله

Ou bien en disant le minimum du tachahhoud qui est :

At-tahiyyatou lil-Lah,

التحيات لله

salamoun ^alayka ‘ayyouha n-Nabiyyou warahmatou l-Lahi wabarakatouh,

سلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته

salamoun ^alayna wa^ala ^ibadi l-Lahi ssalihin,

سلام علينا وعلى عباد الله الصالحين

’ach-hadou ‘an la ‘ilaha ‘il-la l-Lah wa’anna Mouhammadan raçoulou l-Lah

أشهد أن لا إله إلا الله أن محمدا رسول الله

  • Le quinzième : invoquer en faveur du Prophète en disant au minimum :

  اللهم صل على محمد Allahoumma salli ^ala Mouhammad ce qui signifie : « Ô Dieu, honore et élève davantage en degré محمد Mouhammad » ou une phrase du même ordre, comme en disant : صلى الله على محمد salla l-Lahou ^ala Mouhammad.

Ou bien la version complète de cette invocation que le Prophète a enseigné de dire :

Allahoumma salli ^ala Mouhammad wa^ala ‘Ali Mouhammad

اللَّهُمَّ صَلِّ على محمَّدٍ وعلى ءالِ محمّدٍ 

kama sallayta ^ala ‘Ibrahim wa^alaAli ‘Ibrahim innaka Hamidoun Majid

كما صَلَّيْتَ على إبراهيمَ وعلى ءالِ إبراهيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجيد

Allahoumma barik ^ala Mouhammad wa^alaAli Mouhammad

اللَّهُمَّ بارِكْ على محمَّدٍ وعلى ءالِ محمَّدٍ

kama barakta ^ala ‘Ibrahim wa^alaAli ‘Ibrahim ‘innaka Hamidoun Majid

كَمَا بارَكْتَ على إِبراهيمَ وعلى ءالِ إبراهيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجيد

Cliquez ci-dessous pour écouter la version complète de l’invocation en faveur du Prophète, appelée الصلاة الإبراهيمية as-salat al-‘ibrahimiyyah, à dire ici: 

 

  • Le seizième : passer le premier salam, dont le minimum est de dire :

 السلام عليكم as-salamou ^alaykoum.

Cliquez ci-dessous pour écouter la prononciation du salam:

Il est une condition :

– de prononcer l’article défini ال de السلام (son « ‘a ») de as-salam, ainsi on ne dit pas : سلام عليكم (salamoun ^alaykoum).

– de prononcer la lettre م mim de عليكم ^alaykoum, ainsi on ne dit pas : السلام عليك as-salamou ^alayk.

– et de dire ces deux mots en continu, sans faire de longue séparation.

  • Le dix-septième : respecter cet ordre-là entre les piliers de la prière, comme ils ont été cités. De sorte que si quelqu’un faisait exprès d’abandonner l’ordre :

– en anticipant un pilier oral, à savoir le salam,

– ou un pilier gestuel par rapport à sa place dans l’ordre, comme par exemple en se prosternant avant de s’incliner, la prière serait annulée en raison de son manque de sérieux.