Khoutbah n°981 : Donner des jugements religieux sans science

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Je commence par le nom de Allah, Celui Qui accorde Sa miséricorde à toutes les créatures dans le bas monde mais aux seuls croyants dans l’au-delà, Celui Qui accorde beaucoup de miséricordes aux croyants.

La louange est à Allah le Seigneur des mondes,

Que l’honneur et l’élévation en degrés soient accordés à notre maître Mouhammad le Messager de Allah, ainsi que la préservation de ce qu'il craint pour sa communauté.

Khoutbah n°981

Discours du vendredi 13 juillet 2018 correspondant au 29 Chawwal 1439 de l’Hégire

Donner des Jugements Religieux sans science

Al-hamdou lil-Lahi[1] was-salatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadin r-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah.

La louange est à Allah Qui a enseigné à l’être humain ce qu’il ne savait pas, Qui a fait que cette religion ait des hommes qui énoncent les jugements de la religion avec science et qui, lorsqu’ils ne savent pas, n’oublient pas la parole « je ne sais pas. » Nous demandons que Allah nous préserve du mal de nos âmes et de nos mauvaises œuvres ; celui que Allah guide, nul ne peut l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider.

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, qu’Il est le dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé, qu’Il n’a pas de semblable et que rien ne Le rend impuissant, que les imaginations ne L’atteignent pas et que les compréhensions ne Le cernent pas, qu’Il n’a pas de ressemblance avec les gens.

Je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave élu, Son Prophète agréé et Son Messager élevé en degré, qu’il est le Dernier des prophètes et l’Imam des pieux, le Maître des envoyés et le bien aimé du Seigneur des mondes. Que Allah honore et élève davantage en degré Mouhammad, ainsi que sa pure famille et ses bons compagnons, et que Allah préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle.

Après cette introduction, je vous recommande ainsi qu’à moi-même, de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyy, Al-^Adhim, faites preuve de piété à Son égard, craignez-Le, ordonnez-vous les uns les autres d’accomplir ce qu’Il nous ordonne, et abstenez-vous de ce qu’Il a interdit, persévérez sur la bonne guidée du Prophète Mouhammad, que lui soit accordée la plus grande élévation en degré et l’apaisement le plus complet quant au sort de sa communauté.

Sachez, chers frères de foi, que Allah soubhanahou wata^ala interrogera Son esclave au Jour du jugement sur l’usage qu’il aura fait de sa parole, de son ouïe, de sa vue et de son cœur et sur le fait d’avoir dit dans le bas monde : « Telle chose est permise » et « Telle chose n’est pas permise. » 

Notre Seigneur tabaraka wata^ala dit dans le Qour’an Honoré :

[sourat Al-‘Isra’] (wala taqfou ma layça laka bihi ^ilmoun ‘inna s-sam^a wal-basara wal-fou’ada koullou ‘oula’ika kana ^anhou mas’oula)

« Ne dis pas des choses dont tu n’as pas connaissance ; certes l’ouïe, la vue et le cœur, sur chacun d’eux l’esclave sera interrogé à ce sujet » c’est-à-dire : ne dis pas des paroles sans science. Ainsi, donner une fatwa sans science, c’est-à-dire informer du jugement religieux correspondant à une question donnée sans science, fait partie des grands péchés.

Le Hafidh Ibnou ^Açakir, dans Mou^jam chouyoukh Ibnou ^Açakir, a rapporté que le Messager de Allah a dit :

(man ‘afta bighayri ^ilmin la^anat-hou mala’ikatou s-sama’i wal-‘ard)

« Celui qui donne un jugement religieux sans science, les anges du ciel et de la Terre le maudissent. »

Si tel est le cas, chers frères de foi, alors, que veut dire donner une fatwa c’est-à-dire un jugement religieux avec science ? Soyez bien attentifs à ce que je vous dis, celui qui donne un jugement, une fatwa, soit il est lui-même un savant du plus haut degré capable de déduire les jugements à partir des textes religieux et c’est ce qu’on appelle un moujtahid, soit il ne l’est pas, et c’est donc un mouqallid qui doit se limiter à suivre les fatwa d’un moujtahid, soit c’est quelqu’un qui ose donner des jugements sans science.

Un moujtahid, c’est quelqu’un qui a l’aptitude à faire l’ijtihad, c’est-à-dire qu’il lui est permis de le faire en fonction de qualités bien précises et de conditions qu’il est indispensable qu’elles soient réunies en lui. Ce sont des qualités et des conditions qui ne sont pas présentes chez la majorité des gens de cette époque.

L’Imam Ach-Chafi^iyy a dit que quelqu’un ne sera apte à faire l’ijtihad qu’après avoir connu ce qui l’a précédé comme traditions rapportées,  paroles des Salaf, unanimité des gens et divergences des savants et ce afin de ne pas aller à l’encontre de l’unanimité. Il est une condition aussi qu’il connaisse la langue des arabes et les significations de ce qui est parvenu dans les textes religieux, conformément à la parole des arabes. Il est une condition que le moujtahid connaisse par cœur les versets portant sur les jugements pratiques et les hadith portant sur les jugements pratiques, en connaissant leurs chaînes de transmission ainsi que l’état des gens qui composent ces chaînes de transmission, en connaissant aussi les textes qui abrogent et ceux qui sont abrogés, ce qui a une portée générale et ce qui est particulier, ce qui est absolu et ce qui est restreint à conditions, sans compter une capacité intellectuelle exceptionnelle, c’est-à-dire une très forte compréhension et une grande perspicacité, avec la rectitude, c’est-à-dire qu’il soit digne de confiance.

Quand un tel homme donne une fatwa, il donne le jugement religieux sur la base de son effort de déduction, de son ijtihad.

Où va-t-on trouver quelqu’un qui réunit toutes ces caractéristiques dans cette époque ? Et si quelqu’un ne présente pas ces caractéristiques, il doit donc se baser sur les avis d’un Imam moujtahid, c’est-à-dire qu’il se contente de rapporter la parole d’un moujtahid sur la question.

Quant à celui qui prétend avoir un degré qu’il n’a jamais atteint, et qui se met à donner aux gens des jugements sans science, il se met à donner des jugements correspondant à son avis personnel et à ses passions, c’est quelqu’un qui est allé à sa perte, un traître que Allah tabaraka wata^ala dévoilera dans le bas monde avant l’au-delà, tout comme notre Imam Ach-Chafi^iyy, que Allah l’agrée, a dit : « Celui qui se place au-dessus de sa propre valeur, Allah ta^ala le ramènera à sa juste valeur. »[2]

Alors gardez-vous bien de donner des jugements sans science, que vous soyez homme ou femme. Ne passez pas à côté de la parole : « je ne sais pas », car cette parole « je ne sais pas » représente la moitié de la science.

Vous avez en la personne du Messager de Allah un excellent modèle, puisque dans le hadith, un homme avait interrogé le Prophète à propos du meilleur des endroits et du pire des endroits. Le Messager a dit :

[rapporté par Al-Bayhaqiyy dans As-Sounanou l-Koubra]

(la ‘adri hatta ‘as’ala Jibril)

« Je ne sais pas, je demanderai à Jibril. »

Puis la révélation est parvenue au Messager de Allah que les meilleurs des endroits sur Terre sont les mosquées et que parmi les pires des endroits sur Terre il y a les marchés.

Parmi les causes majeures de la diffusion de l’ignorance et des mauvaises compréhensions chez les gens, il y a justement le fait de donner des fatwa sans science et de demander des fatwa aux ignorants et à ceux qui prétendent la science. Dans le hadith sahih, authentifié du Messager de Allah :

(‘inna l-Laha la yaqbidou l-^ilma ntiza^an yantazi^ouhou mina l-^ibadi walakin yaqbidou l-^ilma biqabdi l-^oulama’i hatta ‘idha lam youbqi ^alimani t-takhadha n-naçou rou’aça’a jouhhalan façou’ilou fa’aftaw bighayri ^ilmin fadallou wa‘adallou)

« Allah n’enlève pas la science en l’arrachant des esclaves mais Il enlève la science en faisant mourir les savants, au point que lorsqu’il n’en reste plus aucun, les gens élisent à leur tête des ignorants qui sont interrogés et qui répondent en donnant des jugements sans science, ils s’égarent ainsi et ils égarent autrui. »

Le Messager de Allah, dans ce hadith, n’a pas donné d’excuse à celui qui donne des jugements sans science, ni à celui qui demande des jugements à un ignorant. Le premier en raison du fait qu’il a donné des jugements sans science ; le deuxième parce qu’il a demandé à celui qui ne mérite pas d’être interrogé.

Le hafidh An-Nawawiyy, que Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Il n’est pas permis de demander la fatwa à quelqu’un d’autre qu’à un savant digne de confiance. »[3].

La voie de la sauvegarde, c’est de se préserver d’abord nous-mêmes, avant de donner un jugement religieux, et de nous rappeler que nous avons devant nous le Paradis et l’enfer. Si la réponse à la question est claire pour nous, comme la clarté du soleil au milieu du ciel, on répond, sinon on ne répond pas. On ne donne pas de jugement à partir de son avis et de ses passions, car celui qui suit ses passions court à sa perte et chutera.

Combien trouvons-nous de gens à notre époque, qui ne reviennent pas aux preuves religieuses, qui ne se réfèrent pas aux textes du Qour’an et du hadith, ni aux paroles des savants moujathid qui ont donné des fatwa, mais ne font que donner des jugements vers lesquels leur âme penche. Ils pèsent cela avec des balances que leur ont embellies leur qarin parmi les chaytan. Certes nous appartenons à Allah et nous reviendrons à la vie pour Son jugement. Il n’est de protection contre la désobéissance à Allah que par Sa préservation et il n’est de force pour Lui obéir que par Son aide.

Nous demandons à Allah qu’Il préserve en nous notre religion qui est notre capital, qu’Il fasse que nous soyons de ceux qui savent s’arrêter aux limites de l’enseignement prohétique et  qu’Il nous accorde une fin heureuse, ô Toi Allah le plus miséricordieux des miséricordieux.

Ayant tenu mes propos, je demande que Allah Al-^Adhim me pardonne ainsi qu’à vous-mêmes.

 

Second Discours[4] :

Al-hamdou lil-Lahi was-salatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadir-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou ttaqou l-Lah.

Allahoumma ghfir lil-mou’minina wal-mou’minat.

Après cette introduction, esclaves de Allah, je vous recommande ainsi qu’à moi-même, de craindre Allah Al-^Aliyy Al-^Adhim. Effectivement, obéissez-Lui en accomplissant les obligations et en vous gardant des interdits et sachez que nous rendrons des comptes dans l’au-delà sur ce que nous aurons dit comme bien ou comme mal. Allah ta^ala dit :

[sourat Qaf]

(ma yalfidhou min qawlin ‘il-la ladayhi Raqiboun ^Atid)

« L’esclave ne prononce pas une parole sans que soient auprès de lui Raqib et ^Atid. »

Esclaves de Allah, le fait de donner un jugement religieux sans science fait partie des grands péchés et risque même de conduire celui qui se laisse aller à le faire à la mécréance, que Allah nous en préserve et nous accorde de terminer notre vie sur la foi complète.

 

[1] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui serait amené à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.

[2] Voir le Majmou^, Commentaire du Mouhadhdhab, tome 1 page 13.

[3] Ceci a été cité dans Mouqaddimatou l-Majmou^.

[4] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui seraient amenés à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.

 

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