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Khoutbah n°995: La personne est influencée par le comportement de son compagnon

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Khoutbah n°995

Le vendredi 19 octobre 2018 correspondant au 10 Safar 1440 de l’Hégire

La personne est influencée par le comportement de son compagnon

Al-hamdou lil-Lahi wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadi r-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou ttaqou l-Lah. 

La louange est à Allah Qui a accordé à l’élite de Ses esclaves de nombreuses dotations spécifiques par Sa grâce et Sa générosité. Il a fait que leurs cœurs soient liés d’affection et ils sont devenus par Sa grâce des frères. Il a retiré l’animosité de leurs cœurs, ils sont donc restés amis dans le bas monde et seront des compagnons dans l’au-delà.

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, qu’Il est le dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé, ni de semblable, ni d’opposant, ni d’équivalent.

Et je témoigne que notre Maître, notre bien-aimé, notre éminence et notre guide, la cause de notre joie, Mouhammad, est Son esclave et Son messager, celui qu’Il a élu et Son bien-aimé. Ô Allah, accorde davantage d’honneur et d’élévation en degré et l’apaisement quant au sort de sa communauté à notre maître Mouhammad, au reste de ses frères prophètes et messagers, ainsi qu’à la famille croyante et aux compagnons de chacun d’entre eux.

Je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allah, Al-^Aliyy, Al-Qadir, Qui dit dans Son Livre qui ne comporte pas d’erreur :

﴿ ٱلۡأَخِلَّآءُ يَوۡمَئِذِۢ بَعۡضُهُمۡ لِبَعۡضٍ عَدُوٌّ إِلَّا ٱلۡمُتَّقِينَ ﴾

[sourat AzZoukhrouf / 67] ce qui signifie : « Les compagnons seront ce Jour-là des ennemis les uns pour les autres, sauf ceux qui étaient pieux. »

Allah tabaraka wata^ala nous a appris dans cette ayah honorée que ceux qui, dans ce bas monde, étaient des amis, des êtres chers et des compagnons, deviendront dans l’au-delà des ennemis les uns pour les autres en raison de l’ampleur des épreuves du Jour du jugement et tant ils auront peur ce jour-là. Chaque ami qui, dans ce bas monde, n’agissait pas sur les bases de la piété avec son ami, deviendra son ennemi et le détestera, car chacun considèrera que la nuisance qu’il est en train de subir lui sera parvenu à cause de son compagnon. À l’exception des pieux, ils ne seront pas dans ce cas-là. L’affection qui les liait demeurera dans l’au-delà et chacun d’eux sera bénéfique pour son compagnon.

Les pieux, chers frères de foi, sont ceux qui s’acquittent des droits de Allah et des droits des esclaves de Allah. Ils accomplissent ce que Allah leur a ordonné de faire, ils évitent ce que Allah leur a interdit de faire, ils se comportent avec les esclaves de Allah d’une manière correcte, conformément à la Voie révélée de Allah. Ceux-là, leur habitude, c’est qu’ils se recommandent le bien et s’entraident pour accomplir ce qui fait gagner l’agrément de Allah. Ils se réunissent sur l’obéissance et ils se séparent sur l’obéissance. Ils ne se dupent pas et ne se trahissent pas les uns les autres. Ils ne s’incitent pas mutuellement à faire des innovations d’égarement, un grand péché, une perversité, ou une injustice. Ce qui les réunit, c’est l’amour de Allah. Chacun d’entre eux aime son frère pour l’agrément de Allah, ils ont purifié leur attachement mutuel par recherche de l’agrément de Allah. Chacun d’entre eux dit à son frère qu’il l’aime par recherche de l’agrément de Allah, en œuvrant conformément à la parole du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam :

(( إِذا أَحَبَّ أَحَدَكُمْ أَخاهُ فَلْيُعْلِمْهُ ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy] (‘idha ‘ahabba ‘ahadoukoum ‘akhahou falyou^limh) ce qui signifie : « Lorsque l’un d’entre vous aime son frère, qu’il le lui dise. »

Et s’il arrive que l’un d’entre eux commette un péché, son frère le lui interdit, il le réprimande. Il y a en cela une aide pour son frère croyant à accomplir le bien.

Abou Ya^la et ^Abdou Ibni Houmayd ont rapporté tous deux de Ibnou ^Abbas, que Allah les agrée tous les deux, qu’il a dit : « On a interrogé le Messager de Allah : Qui des personnes qui nous tiennent compagnie est la meilleure ? » Il a répondu :

(( مَنْ ذَكَّرَكُمْ بِاللهِ رُؤْيَتُهُ، وزادَكُمْ في عِلْمِكُمْ مَنْطِقُهُ، وذَكَّرَكُمْ بِالآخِرَةِ عَمَلُهُ ))

(man dhakkarakoum bil-Lahi rou’yatouh wazadakoum fi ^ilmikoum mantiqouh wadhakkarakoum bil-‘akhirati ^amalouh) ce qui signifie : « C’est quelqu’un dont la vision vous rappelle [l’obéissance à] Allah, sa parole vous augmente en connaissance et ses actes vous rappellent l’au-delà. »

C’est donc un ami qui réunit de telles qualités qu’il convient que tu recherches. En effet, ce qui t’aidera beaucoup à accomplir les actes d’obéissance, c’est de côtoyer les gens qui sont obéissants. Et ce qui te pousseras beaucoup à tomber dans le péché, c’est de côtoyer des gens désobéissants. Tout comme le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam l’a dit :

(( الْمَرْءُ عَلى دِينِ خَلِيلِه، فَلْيَنْظُرْ أَحَدُكُمْ مَنْ يُخالِلُ ))

[rapporté par Ahmad dans son Mousnad] (al-mar’ou ^ala dini khalilih falyandhour ‘ahadoukoum man youkhalil) ce qui signifie : « La personne est influencée par le comportement de son compagnon, alors que chacun d’entre vous fasse attention à qui il tient compagnie. »

L’âme a tendance à imiter et assimiler les caractères de celui qu’elle côtoie. Ainsi, la compagnie des gens insouciants est une cause pour devenir insouciant. L’Imam Malik a dit : « Ne côtoie pas une personne qui s’adonne aux péchés de crainte que tu n’apprennes de lui cela. » Ibnou Rouchd a dit : « Il ne convient de côtoyer que celui qui mérite d’être pris pour exemple dans sa religion et dans ses bonnes actions. » Ceci car le mauvais compagnon mène la personne à sa perte. Garde toi de tenir compagnie à celui en qui tu n’as pas confiance et sur l’honnêteté duquel tu ne peux pas compter. Vérifie d’abord si c’est quelqu’un de vertueux, s’il est pieux, car dans l’au-delà, la personne sera avec ceux qu’elle aimait dans ce bas monde.

Il convient, pour choisir un compagnon, de rechercher en lui cinq qualités :

Qu’il soit raisonnable et sensé, qu’il ait un excellent comportement, qu’il ne soit ni un grand pécheur, ni un mauvais innovateur, et ni quelqu’un qui court derrière le bas monde.

Pour ce qui est de la raison, c’est le capital. Il n’y a aucun bénéfice à tenir compagnie à quelqu’un de stupide, car il se peut qu’il veuille t’être utile mais qu’il te nuise. Concernant l’excellence dans le comportement, c’est quelque chose d’indispensable, car combien de ceux qui sont dotés de raison, qui sous le coup de la colère ou d’un désir, se mettent à suivre leurs passions. Il n’y a aucun bien à tenir compagnie à une telle personne. Concernant le grand pécheur, il ne craint pas Allah, et quelqu’un qui ne craint pas Allah, on n’a pas confiance en son comportement et en sa conduite. Il n’est pas fiable. Quant au mauvais innovateur, on craint, en lui tenant compagnie, qu’il nous transmette une part de sa mauvaise innovation.

Parmi ce qu’il convient de faire envers les amis, c’est que l’on fasse preuve d’altruisme envers eux avec nos biens, qu’on donne ce qui excède nos besoins lorsqu’ils en ont besoin. Il a été rapporté que Fath Al-Mawsiliyy était parti voir un ami à lui qui s’appelait ^Iça At-Tammar, mais il ne l’avait pas trouvé chez lui. Il avait dit à sa servante : « Montre-moi la bourse de mon frère », elle la lui avait ramenée et il en prit deux dirham. Quand ^Iça était rentré chez lui, sa servante lui annonça ce qu’il avait fait. Alors, il en fut si heureux qu’il lui a dit : « Si tu es véridique, je t’affranchis. » Après vérification, il trouva qu’elle était véridique et il l’a affranchie.

Parmi ce qu’il convient de faire envers les amis, il y a le fait d’aider soi-même son ami en cas de besoin, de prendre l’initiative de lui régler ses affaires, sans qu’il ait besoin de rien demander, et ceci présente différents niveaux. Le minimum, c’est de régler son affaire quand il en fait la demande et qu’on en a la capacité, avec le sourire et la bonne humeur. Le niveau intermédiaire, c’est de lui régler son affaire sans qu’il l’ait demandé. Et le mieux à faire, c’est de régler les affaires de son ami en priorité sur ses propres affaires. Une personne qui faisaient partie des gens du Salaf, vérifiait et prenait des nouvelles de la situation des personnes qui étaient à la charge de son frère, après son décès, durant quarante ans, et il leur réglait leurs affaires.

Il y a également le fait de ne pas dévoiler le secret de son frère, de ne pas dévoiler ses défauts, en sa présence et en son absence, et de ne pas lui transmettre ce qui pourrait lui faire de la peine, comme le blâme que des gens auraient fait à son égard. Il y a aussi le fait de prêter l’oreille et d’écouter attentivement ses paroles, jusqu’à ce qu’il les termine. Il y a le fait de ne pas débattre et de ne pas discuter avec lui inutilement dans ce qu’il dit. Il y a aussi de l’appeler avec les noms et surnoms qui lui plaisent le plus. Il y a aussi faire son éloge pour ses bons caractères, sans exagération, ni mensonge. Il y a le fait de le remercier pour ce qu’il fait comme bonnes choses, d’exprimer cette reconnaissance en sa présence, et de défendre son honneur en son absence, si quelqu’un disait du mal de lui, tout comme on défendrait sa propre personne.

Il y a encore le fait de lui donner le bon conseil avec douceur, et en procédant par allusions s’il y a besoin d’agir ainsi. Il y a aussi de pardonner ses maladresses et ses erreurs. Al-Foudayl a dit : « La générosité, c’est pardonner les écarts de ses amis. » Si son erreur concernait la religion, alors on le conseille avec douceur autant que faire se peut. Mais on ne néglige pas de le réprimander et de l’exhorter, sans pour autant le blâmer trop afin qu’il ne fuie pas et continue d’accepter notre conseil.

Il y a également garder des liens et maintenir les relations avec sa famille et ses proches parents après sa mort. Il y a aussi ne pas le charger d’une part de nos propres affaires afin de ne pas alourdir sa charge, soulager son cœur des chagrins, lui manifester notre joie pour tout ce qui le rend heureux, lui exprimer notre peine pour tout ce qu’il endure comme difficultés. Il y a aussi avoir en son for intérieur les mêmes sentiments qu’on lui manifeste au grand jour, de sorte à être sincère dans son amour, aussi bien en son for intérieur qu’en apparence. Il y a également le fait de commencer à lui passer le salam quand on le voit, de lui libérer de la place dans une assemblée, de sortir avec lui pour l’accompagner quand il s’en va, et d’agir avec lui tout comme on aimerait que l’on agisse envers nous. On évite de lui demander ce qui le dérange. On ne lui dit pas quand on le rencontre : « Tu vas où ? » Parce qu’il se peut qu’il ne veuille pas nous le dire. On ne divulgue pas son secret même après une rupture. On ne dit pas de mal de ses amis et de sa famille. On ne lui transmet pas les mauvaises paroles que d’autres ont dites à son encontre.

Il convient, mon frère en Islam, de délaisser les mauvaises pensées au sujet de ton frère, et d’interpréter ses actes dans le bon sens, autant que tu puisses le faire. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit, dans ce qu’a rapporté Al-Boukhariyy dans le Sahih :

(( إِيَّاكُمْ وَالظَّنَّ فَإِنَّ الظَّنَّ أَكْذَبُ الْحَدِيثِ ))

(‘iyyakoum wadhdhana fa’inna dhdhanna ‘akdhabou l-hadith) ce qui signifie : « Méfiez-vous des impressions que l’on peut avoir, car les impressions sont [le plus souvent] trompeuses. »

Ibnou l-Moubarak a dit : « Un croyant cherche toujours à trouver des excuses et un hypocrite est toujours à l’affut des maladresses. »

Il y a également le fait de lui adresser la parole avec douceur, de demander de ses nouvelles, de demander s’il a des soucis, de lui manifester notre préoccupation à ce sujet, et de manifester notre joie pour ce qui le réjouit. Il y a également la fidélité et la sincérité. La fidélité veut dire persévérer sur l’amour qu’on lui porte jusqu’à la mort, et après le décès de son frère, prolonger cet amour à ses enfants et à ses amis. Certes, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam avait honoré une vieille femme en lui disant :

(( إِنَّها كانَتْ تَأْتِينَا زَمَنَ خَدِيجَةَ ، وَإِنَّ حُسْنَ العَهْدِ مِنَ الإِيمانِ ))

(‘innaha kanat ta’tina zamana Khadijah wa’inna housna l-^ahdi mina l-‘iman) ce qui signifie : « Elle venait nous rendre visite du temps de Khadijah et la continuité dans la bonne compagnie, cela fait partie de la foi. »

Alors veille, mon frère musulman, à côtoyer ceux qui sont pieux, car il y a en cela la préservation de ta religion, et ceci est prioritaire pour toi que de côtoyer ceux qui ne le sont pas. En effet, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( لا تُصَاحِبْ إِلاَّ مُؤْمِنًا وَلاَ يَأْكُلْ طَعَامَكَ إِلاَّ تَقِيٌّ ))

[rapporté par Ibnou Hibban] (la tousahib ‘il-la mou’minan wala ya’koul ta^amaka ‘il-la taqiyy) ce qui signifie : « Tiens compagnie en priorité à un croyant, et partage ton repas en priorité avec quelqu’un de pieux. »

Ô Allah, fais que nous soyons de ceux qui sont frères, qui s’aiment les uns les autres pour gagner Ton agrément et qui se réunissent sur Ton obéissance, fais-nous persévérer sur la foi et fais que nos pas se maintiennent vers le bien, ô Toi, le plus Miséricordieux des miséricordieux.

Après avoir tenu mes propos, je demande que Allah me pardonne ainsi qu’à vous-mêmes.

 

Second Discours[1] :

Al-hamdou lil-Lahi wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadi r-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah.

 

Allahoumma ghfir lil-mou’minina wal-mou’minat.

[1] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui serait amené à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.