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Khoutbah n°814 : Allah n’est pas un corps (tawhid)

08-01-16

Discours en Arabe

Discours en Français

بِسمِ اللهِ الرَّحمـنِ الرَّحِيم

Bismi l-Lahi r-Rahmani r-Rahim

الحَمدُ للهِ رَبِّ العَالَمِين والصَّلاةُ والسَّلامُ عَلى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللهِ

Louanges à Allah Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage en degrés notre maître Mouhammad et qu’Il préserve

sa communauté de ce que le Prophète craint pour elle.

Khoutbah n°814

Le vendredi 1er mai 2015, correspondant au 12 Rajab 1436 de l’Hégire

Allah n’est pas un corps et n’a aucune ressemblance avec les créatures.

 

Mes frères de Foi.

La louange est à Allah. Que davantage d’honneur et d’élévation en degrés soient accordés au Prophète de Allah.

Louanges à Allah, Lui Qui est Unique, Lui Qui n’a besoin de rien,  Lui Qui n’est pas engendré, Qui n’engendre pas et Qui n’a nul équivalent. Je loue Allah ta^ala et je L’implore de me guider sur le chemin de droiture. Je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la préservation de Allah contre le mal de mon âme et de mes mauvais actes. Le bien-guidé est celui que Allah guide, et nul ne peut guider celui qu’Il égare.

Que l’honneur et l’élévation en degrés les plus complets et les plus parfaits soient accordés à notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonnes nouvelles et avertisseur d’un châtiment. Le Prophète, qui est comme une lumière éclatante et une lune éclairante, a appelé à la religion agréée par Allah. Allah a guidé par lui la communauté. Il a dévoilé par lui les obscurités. Le Prophète a transmis le message. Il s’est acquitté de ce qui lui a été confié. Il a conseillé la communauté. Que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il a rétribué chacun de Ses prophètes.

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, Lui seul n’a pas d’associé. Il a envoyé Son messager avec l’enseignement de droiture et la religion de la vérité. Je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave et Son messager. Que Allah l’honore ainsi que tous les messagers qu’Il a envoyés.

Esclaves de Allah, je vous recommande de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyy, Al-Qadir, de persévérer sur la croyance des Prophètes, de persévérer sur la voie du maître des Prophètes, de persévérer sur la voie de l’imam des waliyy et des pieux qui est le bien-aimé, le modèle ; et c’est celui qui a dit dans un hadith honoré :

    « وَاللهِ إِنِّي لأَعْلَمُكُمْ بِاللهِ عَزَّ وَجَلَّ وَأَخْشَاكُمْ لَهُ »

« Par Allah, je suis celui d’entre vous qui connaît le plus Allah ^azza wa jall et qui Le craint le plus ! » [Rapporté par Ahmad dans son Mousnad]

Ainsi, le Prophète témoigne qu’il a le degré le plus élevé dans cette science qu’est la connaissance au sujet de Allah ta^ala et au sujet de Ses attributs. En effet, cette science est la plus honorable des sciences. Elle est la plus obligatoire et la plus prioritaire et ce, conformément à ce qu’indique Sa parole ta^ala :

﴿فَاعْلَمْ أَنَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَاسْتَغْفِرْ لِذَنبِكَ وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَاللَّهُ يَعْلَمُ مُتَقَلَّبَكُمْ وَمَثْوَاكُمْ﴾

(Fa^lam ‘annahou la ‘ilaha ‘illa l-Lahou wa staghfir lidhanbika wa lil-mou’minina wa l-mou’minati wa l-Lahou ya^lamou moutaqallabakoum wa mathwakoum)

« Sache – c’est-à-dire maintiens toi sur la croyance – qu’il n’est de dieu que Allah et demande pardon pour ton péché ainsi que pour les croyants et les croyantes, certes Allah sait votre devenir. » [sourat Mouhammad/19]

Dans cette ‘ayah, Allah soubhanahou wa ta^ala a fait devancer l’ordre de connaître le Tawhid par rapport à l’ordre de demander pardon, al-‘istighfar et ce, du fait que le Tawhid concerne la connaissance des fondements alors que Al-‘istighfar – la demande du pardon – se rapporte à la science des lois et jugements de la pratique. C’est pour cela que l’Imam Abou Hanifah a dit dans Al-fiqhou l-‘akbar :

« اعْلَمْ أَنَّ الفِقْهَ فى الدِّينِ أَفْضَلُ مِنَ الفِقْهِ فى الأَحْكَامِ »

 « Sache que la connaissance dans la religion est meilleure que la connaissance dans les Lois. »

Quand il a mentionné la connaissance de la religion, il visait la connaissance des fondements [de la religion], la connaissance de la croyance, le Tawhid.

Chers bien-aimés, la science du Tawhid a un honneur par rapport aux autres sciences, car c’est une science qui concerne la plus honorable des connaissances. En effet, cette science concerne la connaissance de Allah ^azza wa jall. Le Tawhid, selon Ahlou s-Sounnah, consiste à nier toute ressemblance entre Allah et Ses créatures et ainsi que l’athéisme, tout comme l’a cité Ibnou Hajar Al- ^Asqalaniyy dans son Commentaire du Sahih de Al-Boukhariyy.

Le Tawhid est fondé sur la confirmation des attributs obligatoires selon la raison s’agissant de Allah tels que la Science, la Puissance, la Volonté, tout en niant l’assimilation : c’est-à-dire en exemptant Allah de toute ressemblance avec Ses créatures. Cela est tiré du Qour’an honoré, en particulier la parole de Allah ta^ala :

﴿ لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ﴾

(layça kamithlihi chay’ wa houwa s-sami^ou l-Basir)

« Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit. » [sourat Ach-Choura/11]

 Ou encore la parole de Allah ta^ala :

 ﴿وَلَمْ يَكُن لَّهُ كُفُوًا أَحَدٌ﴾

(wa lam yakoun lahou koufouwan ‘ahad)

« Et Il n’a point d’équivalent, aucun » [sourat Al-‘Ikhlas/4]

Également, il y a  la parole de Allah ta^ala :

﴿وَلِلّهِ الْمَثَلُ الأَعْلَىَ وَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ﴾

(wa li l-Lahi l-mathalou l-‘a^la wa houwa l-^azizou l-hakim)

« Allah a les attributs qui sont exempts de toute imperfection et Il est Al-^Aziz, Al-Hakim.» [sourat An-Nahl/60]

Et aussi la parole de Allah ta^ala:

﴿فَلاَ تَضْرِبُواْ لِلّهِ الأَمْثَالَ إِنَّ اللّهَ يَعْلَمُ وَأَنتُمْ لاَ تَعْلَمُونَ﴾

(Fala tadribou li l-Lahi l-‘amthala ‘inna l-Laha ya^lamou wa ‘antoum la ta^lamoun)

« N’attribuez pas de ressemblants à Allah, certes Allah sait tout alors que vous, vous ne savez pas. » [sourat An-Nahl/74]

Pour ce qui est de la ‘ayah :  لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ  (layça kamithlihi chay’) qui signifie : « Rien n’est tel que Lui », c’est la ‘ayah la plus explicite qui soit parvenue au sujet de l’exemption de Allah de toute ressemblance avec Ses créatures. De cette ‘ayah, on comprend  qu’il s’agit d’une exemption totale. L’explication de cette ‘ayah est que Allah n’a absolument aucune ressemblance avec quoi que ce soit, d’aucune manière que ce soit. cette ‘ayah comporte une négation de tout ce qui ne convient pas à Allah, à savoir : l’incapacité, l’ignorance, la limite, la couleur, les organes, la forme, l’image, l’aspect, la composition.

Concernant Sa parole ta^ala : وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ (wa houwa s-Sami^ou l-Basir), il y a la confirmation de ce qui est digne au sujet de Allah. En effet, l’Ouïe est un attribut qui est digne à Son sujet ; il en est de même pour ce qui est de la Vue. Mais dans cette ‘ayah, Allah a fait précéder l’exemption afin que l’on n’ait pas l’illusion que Son Ouïe et Sa Vue seraient semblables à l’ouïe et la vue d’autres que Lui. En effet, Allah voit sans avoir besoin de rayons lumineux et sans avoir besoin de rétine. Allah entend sans avoir besoin d’oreille, de tympan et d’aucun autre organe, car en ce qui concerne Allah ta^ala, rien n’est tel que Lui. Il n’est pas un corps et Il n’a pas de ressemblance avec les corps.

Mes frères de Foi, le fait d’affirmer que Allah n’est pas un corps fait partie des choses sur lesquelles la communauté est unanime. Et c’est quelque chose qui a été décrétée par des savants du Salaf vertueux- qui font partie des savants des trois premiers siècles de l’Hégire. Par exemple, l’Imam Ahmad dont se réclame calomnieusement un certain nombre d’assimilateurs (mouchabbihah), a répliqué à ceux qui utilisent le terme corps (jism) au sujet de Allah. C’est ainsi qu’il a dit : « Les noms sont tirés de la Loi –la Chari^ah– et de la langue. Or les spécialistes de la langue désignent par ce nom « jism » (corps) ce qui a une largeur, une longueur, une épaisseur, une composition, une image et un assemblage. Or, Allah soubhanahou wa ta^ala est exempt de tout cela. De plus, cela n’est pas parvenu dans la Loi –c’est-à-dire qu’il n’est pas parvenu dans la Loi au sujet de Allah qu’il serait un corps (jism). Cela est donc infondé. ». C’est-à-dire qu’il est infondé de donner le nom jism (corps) à Allah aussi bien dans la Loi que selon la langue. Cela a été rapporté de l’Imam Ahmad par Abou l-Fadl At-Tamimiyy Al-Baghdadiyy qui était le plus grand savant des hanbalites de Baghdad à son époque et le fils de leur plus grand savant. Cela a été rapporté aussi de l’Imam Ahmad par Al-Bayhaqiyy dans son livre Manaqibou Ahmad.

Mes frères de Foi, le sens de ses propos, en général, est que les noms sont connus soit à partir de la langue soit à partir de la Loi. Certains noms ont été connus à partir de la langue, à savoir : l’homme, le cheval et autres. Et d’autres noms sont connus à partir de la Loi de l’Islam, à savoir : asSalat -la prière- telle qu’elle est définie dans la Loi de l’Islam.

Dans la langue, le mot jism qui signifie corps, désigne ce qui a trois dimensions, une longueur, une largeur, une profondeur ou une épaisseur, une composition, une image, un assemblage. Et on n’attribue absolument pas cela à Allah, sinon cela signifierait qu’Il serait semblable à Ses créatures. Et cela contredirait la parole de Allah :

﴿لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ ﴾

« Rien n’est tel que Lui » [sourat Ach-Choura/11]

De plus, si Allah avait été un corps, ayant une longueur, une largeur, une épaisseur, une composition, une image, un assemblage, Il aurait eu besoin de qui L’aurait caractérisé par cette longueur, par cette largeur, par cette épaisseur, par cette composition et par cette image. Or, la raison ne conçoit pas que celui qui a besoin soit Dieu. Donc, le sens du corps est impossible au sujet de Allah selon la Loi et selon la raison. De plus, Le terme, c’est-à-dire le mot jism -le corps- n’est pas parvenu dans la Loi au sujet de Allah et il n’est pas permis de nommer Allah par un nom si ce n’est un nom que Allah a confirmé dans la Loi comme étant le Sien comme l’ont cité l’Imam de Ahlou s-Sounnah Abou l-Haçan al-‘Ach^ariyy et d’autres. On n’attribue à Allah que ce Qu’Il nous a appris comme étant un de Ses attributs. Il est donc faux d’employer ce mot corps (jism) au sujet de Allah.

En outre, l’auteur du livre « Al-Khisal » a rapporté de l’Imam Ahmad lui-même qu’il déclare mécréant celui qui dit que Allah serait un corps mais pas comme les corps. Cela est conforme à ce qui est parvenu des autres imams. En effet, il a été confirmé que Ach-Chafi^iyy déclarait mécréant le moujassim (celui qui attribue le corps à Allah), tout comme cela a été rapporté de lui par AsSouyoutiyy dans son livre Al-‘Achbahou wa n-Nadha’ir. Il en est de même dans le livre Al-Minhajou l-Qawim de Ibnou Hajar al-Haytamiyy qui cite « Al-Qarafiyy et d’autres ont rapporté que Ach-Chafi^iyy, Ahmad, Malik et Abou Hanifah ont déclaré mécréants ceux qui attribuent la direction et le corps à Allah ». C’est à dire que la personne qui considère que  Allah serait un corps ou serait dans un endroit est mécréante car tout cela fait partie des attributs des humains.

L’Imam, le salafiyy Abou Ja^far AtTahawiyy, dans son Traité de croyance qu’il a indiqué comme présentant la croyance de Ahlou s-Sounnah wa l-Jama^ah, a dit : « Celui qui qualifie Allah par une des significations des humains, il devient mécréant ». Or, le corps, la composition, l’image, l’aspect font partie des significations des humains. Celui qui en attribue quoi que ce soit à Allah devient mécréant catégoriquement.

L’Imam Abou l- Haçan al -Ach^ariyy dans son livre An-Nawadir a dit : « Celui qui croit que Allah est un corps n’a pas connu son Seigneur et il est mécréant. »

Ô Allah, par le degré des Prophètes et des Messagers, par le degré des waliyy et des vertueux, par le degré des Imam Ahmad Ibnou Hanbal, Ach-Chafi^iyy, Malik, Abou Hanifah et Al-‘Awza^iyy et de tous les savants qui œuvrent, fais que nous persévérions sur leur croyance. Ô Allah, fais que nous soyons de ceux qui soutiennent la religion et qui répliquent aux déviés et aux égarés. Ô Allah, Toi Qui est Le plus miséricordieux des miséricordieux.

Après avoir dit mes propos, je demande à ce que Allah me pardonne ainsi qu’à vous.