Eviter les péchés Khoutbah

Khoutbah n°1133 : Quel bienfait que l’argent licite aux mains d’un homme vertueux

Abou Bakr, que Dieu l’agrée était un exemple pour dépenser et donner dans l’obéissance à Dieu. Il a ainsi dépensé toute sa richesse dans la voie que Dieu agrée.

Khoutbah n°1133

Discours du vendredi 11 juin 2021 

Quel bienfait que l’argent licite
aux mains d’un homme vertueux 

الحمد لله والصلاة والسلام على سيّدنا محمد رسول الله يا أيها الذين ءامنوا اتقوا الله

Al-hamdou lil-Lahi wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammad, raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah.

La louange est à Dieu Qui a complété pour nous la religion, Qui a parfait pour nous Ses grâces et Qui a fait de notre communauté la meilleure des communautés, Lui Qui nous a envoyé un Messager issu d’entre nous, qui nous a récité Ses versets, qui nous a purifié, qui nous a appris le Livre et la sagesse. Je loue Dieu pour les bienfaits innombrables dont Il nous fait grâce. Et je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, qu’Il est le dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé, un témoignage qui est, pour celui qui s’y attache, la meilleure des protections. Et je témoigne que notre Maître محمّد Mouhammad est Son esclave et Son messager, qu’Il l’a envoyé pour les mondes en tant que miséricorde et Il lui a ordonné de nous transmettre ce qu’Il a fait descendre. Il a ainsi clarifié pour nous les sujets importants, il s’est acquitté de la tâche qui lui a été confiée et il a porté le conseil à la communauté. Que Dieu élève davantage en degré notre Maître محمّد Mouhammad et ainsi que ses proches musulmans et ses compagnons, eux qui furent les gens du mérite et de l’ardeur.

Esclaves de Dieu, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de العَلِيّ العَظِيم Al-^Aliyy Al-^Adhim, Lui Qui dit dans Son Livre honoré dans sourate آلِ عِمۡرَانَ ‘Ali-^Imran :

﴿ زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ ٱلشَّهَوَٰتِ مِنَ ٱلنِّسَآءِ وَٱلۡبَنِينَ وَٱلۡقَنَٰطِيرِ ٱلۡمُقَنطَرَةِ مِنَ ٱلذَّهَبِ وَٱلۡفِضَّةِ وَٱلۡخَيۡلِ ٱلۡمُسَوَّمَةِ وَٱلۡأَنۡعَٰمِ وَٱلۡحَرۡثِۗ ذَٰلِكَ مَتَٰعُ ٱلۡحَيَوٰةِ ٱلدُّنۡيَاۖ وَٱللَّهُ عِندَهُۥ حُسۡنُ ٱلۡمَ‍َٔابِ ﴾

(zouyyina lin-naci houbbou ch-chahawati mina n-niça‘i wal-banina wal-qanatiri l-mouqantarati mina dh-dhahabi wal-fiddati wal-khayli l-mouçawwamati wal-’an^ami wal-harth ; dhalika mata^ou l-hayati d-dounya ; wal-Lahou ^indahou housnou l-ma’ab) [3/14] ce qui signifie : « L’amour des choses désirables a été enjolivé aux gens : les femmes, les enfants, les trésors et les monceaux d’or et d’argent, les chevaux marqués, le bétail et les champs cultivés. Ce ne sont là que des biens du bas-monde. Mais ce que Dieu a réservé vaut bien mieux que tout cela. »

Faites preuve de piété esclaves de Dieu, ne vous laissez pas entraîner par le bas-monde, ses plaisirs et ses biens, au point de vous écarter de l’adoration à Dieu. Dieu تبارك وتعالى a réservé beaucoup mieux que cela. Le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم, dans ce qui est rapporté dans le Sahih de Mouslim, a dit :

(( إِنَّ هَذا المالَ حُلْوَةٌ خَضِرَةٌ مَنْ أَخَذَهُ بِحَقهِ ووَضَعَهُ في حَقهِ فَنِعْمَ الْمَعُونَةُ هُوَ ومَنْ أَخَذَهُ بِغَيْرِ حَقِّهِ كانَ كَالَّذِي يَأْكُلُ ولا يَشْبَعُ ))

(‘inna hadha l-mala houlwatoun khadirah man ‘akhadhahou bihaqqihi wawada^ahou fi haqqihi fani^ma l-ma^ounatou houwa waman ‘akhadhahou bighayri haqqihi kana kalladhi ya’koulou wala yachba^) ce qui signifie : « Certes, ces biens matériels sont comme des fruits frais et doux : celui qui les obtient justement et les utilise justement, combien ils lui seront utiles ! Mais celui qui les obtient injustement, il est semblable à celui qui mange sans jamais se rassasier. »

Le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم a comparé l’argent, du point de vue du désir de l’obtenir et du point de vue du penchant et de l’attachement de l’âme à le posséder, aux fruits qui sont frais, bons et sucrés, que l’âme désire et pour lesquels elle penche. Celui qui obtient son argent d’une manière licite et qui l’utilise de façon licite – en s’en servant pour combler ses besoins et ceux de sa famille et en le dépensant dans les voies de la bienfaisance et du bien dans l’intention de se préserver, ou bien en l’utilisant pour son épouse avec une bonne intention, ou pour ses enfants, ses parents ou ses proches parents – il s’agit alors d’un immense bienfait de la part de Dieu envers Son esclave croyant.

Si un croyant obtient son argent d’une manière que Dieu a rendue licite et qu’il l’utilise dans ce que Dieu agrée, ce sera une aide pour son au-delà, car il sera une cause pour gagner des récompenses dans l’au-delà. Ce sera donc une bonne aide pour obtenir ce qui lui sera utile au Jour du jugement tout comme il a été une aide pour obtenir ce qui lui a été utile dans la vie d’ici-bas. Quant à celui qui l’a obtenu injustement et l’a donc acquis de façon illicite, il sera privé de cette bénédiction et sera semblable à celui qui mange et qui n’est jamais rassasié ; même s’il possède beaucoup d’argent, il devra en assumer les conséquences au Jour du jugement.

L’argent, chers frères de foi, n’est pas blâmé dans tous les cas. En effet, le Prophète صلَّى الله عليه وسلم a dit :

(( نِعْمَ الْمالُ الصّالِحُ لِلرَّجُلِ الصّالِحِ ))

(ni^ma l-malou ssalih lir-rajouli ssalih) ce qui signifie : « Quel bienfait que l’argent licite aux mains d’un homme vertueux ! »

L’homme vertueux qui obtient son argent d’une manière licite et qui le dépense dans les voies de bien, quel bienfait cet argent sera pour lui !

Nous avons en la personne du Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم et en ses compagnons, que Dieu les agrée, un excellent exemple dans la manière d’utiliser l’argent dans les voies du bien et de la bienfaisance. Ibnou ^Abbas, que Dieu les agrée lui et son père, a dit : « Le Messager de Dieu était le plus généreux des gens et il était encore plus généreux durant le mois de Ramadan lorsqu’il rencontrait Jibril عليه السلام. Ainsi, le Messager de Dieu à ce moment-là devenait plus généreux à diffuser le bien que le vent est rapide à s’étendre et à se propager. »

Abou Bakr, que Dieu l’agrée était un exemple pour dépenser et donner dans l’obéissance à Dieu تعالى. Il a ainsi dépensé toute sa richesse dans la voie que Dieu عزّ وجلّ agrée tout cela par recherche de l’au-delà et pour soutenir la religion agréée par Dieu, pour aider le Messager de Dieu et pour soutenir les musulmans qui étaient démunis. Au point que le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم a dit :

(( ما نَفَعَنِي مالٌ قَطُّ ما نَفَعَنِي مالُ أَبِي بَكْرٍ ))

(ma nafa^ani maloun qattou ma nafa^ani malou ‘Abi Bakr) ce qui signifie : « Aucun bien ne m’a jamais apporté ce que le bien de Abou Bakr m’a apporté ! » C’est alors que Abou Bakr que Dieu l’agrée s’était mis à pleurer et avait dit : « Ne suis-je pas, moi-même et mes biens, uniquement pour toi, ô Messager de Dieu ? »

^Oumar, que Dieu l’agrée a dit : « Le Messager de Dieu nous a ordonné de faire des aumônes et il se trouvait que j’avais alors quelques biens. Je me suis dit : c’est aujourd’hui l’occasion de faire mieux que Abou Bakr, si je dois faire mieux que lui un jour. J’ai alors amené la moitié de ce que je possédais. Le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم m’a dit :

 (( مَا أَبْقَيْتَ لأَهْلِكَ ))

(ma ‘abqayta li’ahlik) ce qui signifie : « Qu’as-tu laissé pour ta famille ? » Je lui ai dit : « Pareil à ce que je viens de donner. » C’est alors que Abou Bakr était venu avec tout ce qu’il possédait. Et le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم lui a dit :

 (( مَا أَبْقَيْتَ لأَهْلِكَ ))

(ma ‘abqayta li’ahlik) ce qui signifie : « Qu’as-tu laissé pour ta famille ? » et il a répondu : « Je leur ai laissé l’agrément de Dieu et de Son Messager. » ^Oumar a dit : « Je me suis dit alors que je ne réussirais jamais à devancer Abou Bakr. » 

Alors mon frère musulman, pose-toi des questions avant de prendre l’argent et avant de le dépenser. D’où l’as-tu obtenu et comment vas-tu l’utiliser ?

Le Messager de Dieu صلَّى الله عليه وسلم a dit :

(( لا تَزُولُ قَدَمَا عَبْدٍ يَوْمَ القِيامَةِ حَتَّى يُسْأَلَ عَنْ أَرْبَعٍ عَنْ عُمُرِهِ فِيمَ أَفْناهُ وعَنْ عِلْمِهِ ماذا عَمِلَ بِهِ وعَنْ مالِهِ مِنْ أَيْنَ اكْتَسَبَهُ وفِيمَ أَنْفَقَهُ وعَنْ جَسَدِهِ فِيمَ أَبْلاهُ ))

(la tazoulou qadama ^abdin yawma l-qiyamati hatta yous’ala ^an ‘arba^in ^an ^oumourihi fima ‘afnah wa^an ^ilmihi madha ^amila bihi wa^an malihi min ‘ayna ktaçabahou wafima ‘anfaqah wa^an jaçadihi fima ‘ablah) ce qui signifie : « L’esclave au Jour du jugement ne bougera pas les pieds après sa sortie de la tombe avant d’être interrogé sur quatre choses : il sera interrogé sur sa vie, dans quoi l’a-t-il passée ? Sur sa connaissance dans la religion, qu’en a-t-il fait ? Sur ses biens, d’où les a-t-il acquis et dans quoi les a-t-il dépensés ? Et sur son corps, dans quoi l’a-t-il usé ? »

Pose-toi des questions, mon cher frère, avant d’avoir à répondre et demande des comptes à ton âme avant d’avoir à en rendre. Que Dieu t’accorde ainsi qu’à moi-même, le degré de ceux qui s’empressent de dépenser leurs biens licites dans les voies du bien et de l’obéissance, de ceux qui prennent des provisions pour leur au-delà par des bonnes œuvres nuit et jour, afin que ce soit un butin et une provision pour nous le Jour où rien ne sera plus profitable, ni les biens matériels ni les enfants, sinon le fait d’avoir agi à l’égard de Dieu avec un cœur sain.

Ayant tenu mes propos, je demande que Dieu me pardonne ainsi qu’à vous-mêmes.

Second Discours[1] :

الحمد لله والصلاة والسلام على سيدنا محمّد رسول الله يا أيّها الذين آمنوا اتّقوا الله اللهم اغفِرْ للمؤمنين والمؤمنات

Al-hamdou lil-Lahi wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadin raçouli l-Lah ;
ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah
.

Allahoumma ghfir lil-mou’minina wal-mou’minat.

[1] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui seraient amenés à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.

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