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Khoutbah n°1082 : Gardez-vous bien d’insulter Allah

Injurier Allah fait sortir de l'Islam! Cela consiste en tout propos qui attribue à Allah ce qui n’est pas digne de Lui, comme par exemple Lui attribuer à Allah d’être un corps, ou d’avoir des membres, ou d’avoir une forme, ou d’être dans un endroit, ou d’avoir une couleur, ou d’être touché par la fatigue, ou l’incapacité, ou l’ignorance, ainsi que toutes les caractéristiques des êtres créés.

Khoutbah n°1082

Discours du vendredi 19 juin 2020 correspondant au 27 Chawwa1441 de l’Hégire.

Gardez-vous bien d’insulter Allah

Al-hamdou lil-Lahi [1] wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammad, raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah.

La louange est à Allah, nous Le louons soubhanahou wata^ala, nous L’implorons de nous guider sur le chemin de droiture, nous recherchons Son pardon et nous nous repentons à Lui. Nous Lui demandons de nous préserver du mal de nos âmes et du mal de nos mauvaises œuvres. Celui que Allah guide, nul ne peut l’égarer et celui que Allah égare, nul ne peut le guider.

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, Il est unique, Il n’a pas d’associé, ni de semblable, ni de forme, ni d’image, ni de membre. Et je témoigne que notre maître, notre bien-aimé, notre éminence et notre guide, la cause de notre joie Mouhammad, est Son esclave et Son messager, celui qu’Il a élu et qu’Il agrée le plus. Celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes, guide annonciateur de bonne nouvelle et avertisseur d’un châtiment. Ô Allah, honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et préserve-le de ce qu’il craint pour sa communauté ainsi que sa famille et ses compagnons bons et purs.

Ô Allah, honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad et préserve-le de ce qu’il craint pour sa communauté, celui qui a appelé au bien et à la guidée, celui qui a instauré pour la communauté la voie de la réussite, ainsi que sa famille et l’élite des compagnons.

Mes frères de foi, je vous recommande ainsi qu’à moi-même de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Aliyyou l-^Adhim, Lui Qui dit, pour indiquer que les bienfaits accordés aux gens sont par Sa grâce :

﴿ أَلَمۡ نَجۡعَل لَّهُۥ عَيۡنَيۡنِ ٨ وَلِسَانٗا وَشَفَتَيۡنِ ٩ ﴾

[sourat Al-Balad / 8-9] (‘alam naj^al lahou ^aynayn waliçanan wachafatayn) ce qui signifie : « N’est-ce pas que Nous lui avons accordé deux yeux ? Une langue et deux lèvres !? »

Allah a ainsi indiqué à l’être humain les bienfaits qu’Il lui a accordés. Que c’est Lui Qui lui a accordé deux yeux avec lesquels il voit les choses visibles, Qui lui a accordé une langue avec laquelle il exprime ce qu’il a à l’esprit, Qui lui a accordé deux lèvres qui cachent l’intérieur de sa bouche et dont il se sert pour prononcer, manger, boire et souffler. Quant à la parole de Allah :

﴿ وَهَدَيۡنَٰهُ ٱلنَّجۡدَيۡنِ ﴾

[sourat Al-Balad / 10] (wahadaynahou n-najdayn) elle signifie que Allah lui a montré la voie du bien et la voie du mal, les voies qui mènent au Paradis ou à l’enfer. Il a été dit aussi que cette ayah a été révélée au sujet de Al-Walid Ibnou l-Moughirah, l’un des grands mécréants de Qouraych, qui n’avait pas observé ce qu’il avait eu comme obligations à l’égard de Allah ta^ala et n’avait donc pas été reconnaissant envers Allah pour ce qu’Il lui avait accordé comme bienfaits, il avait mécru en Celui Qui fait parvenir tout bienfait.

Mes frères de foi, certes la langue est un bienfait éminent, il est donc un devoir d’être reconnaissant envers Celui Qui fait parvenir tout bienfait… Et la reconnaissance envers Lui au sujet de ce bienfait se fait en se gardant de l’utiliser dans ce que Allah a interdit…

Il y a parmi les gens ceux qui ne sont pas reconnaissants pour ce bienfait et qui utilisent leur langue pour prononcer ce qui ne leur est pas permis de dire, et combien ils sont nombreux à le faire… Parmi les choses que Allah a interdites, mes frères de foi, il y a le mensonge, le fait d’injurier un musulman sans aucun droit, faire la médisance, faire la namimah –c’est-à-dire rapporter les paroles des uns aux autres pour semer la discorde–, semer la zizanie entre les musulmans et leur nuire par des paroles ou commettre d’autres péchés de la langue encore…

Il y a parmi ces gens-là, mes frères de foi, ceux qui arrivent à la plus grande injustice qui est la mécréance, que Allah nous en protège… Tu vois donc l’un d’entre eux qui, au lieu de manifester une grande reconnaissance pour ce bienfait accordé par Allah, utilise plutôt sa langue pour injurier Allah… pour insulter Allah, que Allah nous en protège… Il y a parmi eux aussi celui qui, lorsqu’il se met en colère, injurie Allah, que Allah nous en protège… Parmi eux, il y a celui qui insulte Allah, qu’il soit dans un état de colère ou de calme, et qui prétend ensuite qu’il est musulman… Il ne l’est plus !!… Celui qui injurie Allah n’est pas musulman. Certes un musulman est quelqu’un qui a cru que le seul Qui mérite l’adoration, c’est-à-dire l’extrême limite de la crainte et la soumission, c’est Allah, et que Mouhammad est le messager de Allah, et qui s’est gardé de tout ce qui contredit l’Islam… Un musulman, c’est quelqu’un qui a attaché son cœur à vénérer Allah, Al-Wahidou l-‘Ahad, de la vénération qui est obligatoire, en permanence. Quant à celui qui profère des blasphèmes à l’encontre de Allah, celui-là n’est pas quelqu’un qui vénère Allah.… Celui qui a insulté Allah est sorti de l’Islam et s’est retrouvé au nombre des mécréants et l’on n’accepte pas de lui après cela sa parole quand il dit : « Mais moi, j’étais en colère et je ne voulais pas commettre la mécréance. » En effet, les savants de l’Islam ont indiqué que si quelqu’un est en colère, il n’est pas sauvé de la mécréance s’il prononce une parole de mécréance volontairement, c’est-à-dire lorsque cela ne s’est pas produit de lui par lapsus. Le hafidh An-Nawawiyy a rapporté des savants hanafites en approuvant leurs propos, que si quelqu’un se met en colère contre son enfant et qu’il le frappe durement et qu’une autre personne lui dit : « N’es-tu pas musulman ?! » s’il lui répond : « Non » volontairement, il aura mécru. La signification de la parole de ces savants est que si un musulman se met dans une grande colère contre son enfant et le frappe durement à cause de sa grande colère et que quelqu’un d’autre lui dit alors : Comment le frappes-tu aussi durement ? N’es-tu pas musulman ? Car être miséricordieux et ne pas se laisser aller à frapper durement un enfant, même si on est en colère, cela fait partie de ce qui est digne d’un musulman. Par sa réponse « non », sans que cela soit par lapsus ni en ayant perdu la raison de sorte à être fou, celui qui a frappé a dit qu’il n’est pas musulman, il a commis ainsi de la mécréance et sa colère n’est pas une excuse pour lui.

Prêtez bien attention, mes frères de foi… injurier Allah ne se limite pas à prononcer les paroles vulgaires connues chez les gens impudents, il y a aussi le genre de paroles telles que la parole, dite dans le dialecte « yal^an rabbak » qui signifie « Maudit soit ton Seigneur » ou « ‘oukht rabbak » qui signifie « la sœur de ton Seigneur », que Allah nous en garde. En fait, injurier Allah consiste en tout propos qui attribue une imperfection au sujet de Alla; injurier Allah consiste en tout propos qui attribue à Allah ce qui n’est pas digne de Lui, comme par exemple attribuer à Allah d’avoir un enfant, ou une épouse, ou d’avoir une quantité, ou d’être un corps, ou d’avoir des membres, ou d’avoir une forme, ou d’être dans un endroit, ou d’avoir une couleur, ou d’être touché par la fatigue, ou l’incapacité, ou l’ignorance, ainsi que toutes les caractéristiques des êtres créés.

Ne soyez pas trompés, mes frères de foi, par la parole de certains qui disent que celui qui injurie Allah n’a pas commis de mécréance et n’est pas sorti de l’Islam s’il n’avait pas voulu sortir de l’Islam et que son cœur était resté ferme sur la foi ; ou que celui qui injurie Allah en plaisantant n’aurait pas de compte à rendre pour cela. En effet, ces propos sont faux, faux et archi-faux, car ils sont en contradiction avec la parole de Allah ta^ala, en contradiction avec la parole du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam, en contradiction avec l’unanimité des savants.

Quant à la contradiction avec la parole de Allah ta^ala, Notre Seigneur tabaraka wata^ala a dit :

﴿يَحۡلِفُونَ بِٱللَّهِ مَا قَالُواْ وَلَقَدۡ قَالُواْ كَلِمَةَ ٱلۡكُفۡرِ وَكَفَرُواْ بَعۡدَ إِسۡلَٰمِهِمۡ ﴾

[sourat At-tawbah / 74] (yahlifouna bil-Lahi ma qalou walaqad qalou kalimata l-koufri wakafarou ba^da ‘islamihim) ce qui signifie : « Ils jurent par Allah qu’ils n’ont pas dit [ce qu’ils ont proféré], mais ils ont bien dit la parole de mécréance et ils ont montré leur mécréance après avoir montré l’Islam. » Allah les a donc jugés mécréants pour avoir dit la parole de mécréance. Mais également avec la parole de Allah :

﴿وَلَئِن سَأَلۡتَهُمۡ لَيَقُولُنَّ إِنَّمَا كُنَّا نَخُوضُ وَنَلۡعَبُۚ قُلۡ أَبِٱللَّهِ وَءَايَٰتِهِۦ وَرَسُولِهِۦ كُنتُمۡ تَسۡتَهۡزِءُونَ لَا تَعۡتَذِرُواْ قَدۡ كَفَرۡتُم بَعۡدَ إِيمَٰنِكُمۡۚ ﴾

[sourat At-tawbah / 65] (wala’in sa’altahoum layaqoulounna ‘innama kounna nakhoudou wanal^ab ; qoul ‘abil-Lahi wa‘ayatihi waraçoulihi kountoum tastahzi’oun, la ta^tadhirou qad kafartoum ba^da ‘imanikoum) ce qui signifie : « Si tu les interrogeais, ils diraient : « Certes, nous ne faisions que jouer et plaisanter« , dis : « Est-ce de Allah, de Ses signes, de Ses messagers dont vous vous moquiez ?! Ne vous excusez pas, vous avez montré votre mécréance après avoir montré la foi. » »

Quant à la contradiction avec la parole du Prophète, il a été rapporté que le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( إِنَّ العَبْدَ لَيَتَكَلَّمُ بِالكَلِمَةِ لاَ يَرَى بِهَا بَأْسًا يَهْوِي بِهَا فِي النّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy] (‘inna l-^abda layatakallamou bil-kalimati la yara biha ba’sa yahwi biha fi n-nari sab^ina kharifa) ce qui signifie : « Certes, il arrive que quelqu’un dise une parole dans laquelle il ne voit pas de mal, mais à cause de laquelle il chutera en enfer pendant soixante-dix automnes. »

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a donc indiqué dans ce hadith qu’il est possible que quelqu’un dise une parole qu’il ne voit pas comme étant nuisible pour lui-même, mais qui le fera chuter pendant soixante-dix ans en enfer, du fait que sa parole était de la mécréance, s’il ne revient pas à l’Islam. Il est rapporté du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam que le fond de l’enfer est à une distance de soixante-dix ans de chute et que cet endroit ne sera atteint que par les mécréants.

Quant à la contradiction avec l’unanimité des savants, le Qadi ^Iyad le Malékite a rapporté l’unanimité de la communauté sur la déclaration de mécréance de celui qui injurie Allah, lorsqu’il a dit dans son livre Ach-Chifa biTa^rifi Houqouqi l-Moustafa : (la khilafa ‘anna sabba l-Lahi ta^ala mina l-mouslimina kafir) c’est-à-dire : « Il n’y a pas de divergence que celui qui insulte Allah ta^ala parmi les musulmans est devenu mécréant. »

Alors prends bien garde, mon frère musulman, de tomber dans le laisser-aller dans la parole, et pèse tes paroles avec la balance de la Loi de l’Islam avant de les prononcer, car tout ce que l’esclave dit volontairement est inscrit par les deux anges. Notre Seigneur Allah tabaraka wata^ala dit :

﴿مَّا يَلْفِظُ مِن قَوْلٍ إِلاَّ لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ ﴾

[sourat Qaf / 18] (ma yalfidhou min qawlin ‘il-la ladayhi Raqiboun ^Atid) ce qui signifie : « Pas une parole qu’il prononce sans qu’il ait auprès de lui Raqib et ^Atid. »

C’est-à-dire que toutes les paroles que l’être humain dit, les anges Raqib et ^Atid les inscrivent. Elles seront donc soit en ta faveur, soit contre toi. Alors protège ta langue de dire la mécréance et d’autres choses laides encore, car certes, tu es responsable de ta langue. Je demande à Allah tabaraka wata^ala qu’Il nous protège afin de rester sur l’Islam, qu’Il protège nos organes de tomber dans la désobéissance à Allah. Certes ne réussira que celui à qui Allah accorde la réussite.

Enfin, je demande que Allah ta^ala me pardonne ainsi qu’à vous-mêmes.

Second Discours[1] :

Al-hamdou lil-Lahi wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadin raçouli l-Lah

ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou ttaqou l-Lah.

Allahoumma ghfir lil-mou’minina wal-mou’minat.

[1] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui seraient amenés à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.