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Khoutbah n°1006 : Abou Bakr As-Siddiq le premier calife bien guidé

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Khoutbah n°1006

Discours du vendredi 4 janvier 2019, correspondant au 28 rabi^ al-‘akhir 1440 de l’Hégire

Abou Bakr As-Siddiq, le premier des califes bien guidés  

Al-hamdou lil-Lahi [1] wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadi r-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-Ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah.

La louange est à Allah, le Seigneur des mondes, la louange est à Allah Qui nous a créés, Qui nous a ordonné de L’adorer et de Lui obéir.

Je témoigne qu’il n’est de dieu que Allah, qu’il est le dieu unique et qu’Il n’a pas d’associé et je témoigne que notre maître, notre Prophète, notre éminence Mouhammad est Son esclave et Son messager, celui qu’Il a élu et qu’Il a honoré, celui que Allah a envoyé en tant que miséricorde pour les mondes. Ô Allah, honore et élève davantage en degré notre maître Mouhammad Al-‘Amin, ainsi que sa famille, ses compagnons et ceux qui les ont suivis correctement jusqu’au Jour du jugement.

Esclaves de Allah, je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, de faire preuve de piété à l’égard de Allah Al-^Adhim, et de persévérer sur la bonne guidée de Son prophète honoré. Allah ta^ala dit :

﴿مِّنَ ٱلۡمُؤۡمِنِينَ رِجَالٞ صَدَقُواْ مَا عَٰهَدُواْ ٱللَّهَ عَلَيۡهِۖ فَمِنۡهُم مَّن قَضَىٰ نَحۡبَهُۥ وَمِنۡهُم مَّن يَنتَظِرُۖ وَمَا بَدَّلُواْ تَبۡدِيلٗا﴾

[sourat Al-‘Ahzab / 23] (mina l-mou’minina rijaloun sadaqou ma ^ahadou l-Laha ^alayhi faminhoum man qada nahbahou waminhoum man yantadhirou wama baddalou tabdila) ce qui signifie : « Il y a parmi les croyants des hommes qui ont respecté les engagements qu’ils ont pris à l’égard de Allah, certains d’entre eux ont fait leur temps et d’autres sont encore dans l’attente, mais ils n’ont pas dévié. »

Esclaves de Allah, sachez que les califes bien guidés font partie des gens de science qui sont quant à eux les héritiers des prophètes, et les meilleurs d’entre eux sont les quatre califes : Abou Bakr, ^Oumar, ^Outhman et ^Aliyy, que Allah les agrée. La durée de leurs califats au total fut d’environ trente ans.

Nous allons parler, aujourd’hui, de Abou Bakr AsSiddiq, que Allah l’agrée, le premier des califes bien guidés. Le meilleur homme de cette communauté après son prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam.

Il s’agit de Abou Bakr AsSiddiq, que Allah l’agrée, l’exemple même de la bonne guidée et de la croyance en la véracité. Il se nomme ^Abdou l-Lah fils de ^Outhman, de la tribu de Qouraych et il est né trois ans environ après l’année de l’éléphant. Il faisait partie des dignitaires de Qouraych, avant même l’envoi du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam,  il était apprécié d’eux et très respecté.

Il était blanc de peau, d’un corps mince, il avait une barbe légère sur les joues, son front était bien prononcé et il était le plus généreux des compagnons.

Lorsque l’Islam est venu, il fut le premier des hommes à entrer en Islam, il avait alors trente-sept ans. Il a vécu vingt-six ans dans l’Islam. Grâce à lui, un grand nombre de gens sont entrés en Islam, en raison de leur amour et de leur attachement à lui. Parmi eux, il y eut ses deux parents et cinq des dix compagnons qui ont reçu l’annonce de la bonne nouvelle du Paradis, parmi lesquels il y a AzZoubayr, ^Outhman, ^Abdou r-Rahman Ibnou ^Awf et Talhah.

Il était lui-même un compagnon du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam, ses parents également, ainsi que son fils et son petit-fils que Allah les agrée. Il fut le premier calife dans l’Islam, le premier à avoir dirigé le pèlerinage dans l’Islam. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a conquis La Mecque la huitième année de l’Hégire, et il a ordonné à Abou Bakr de diriger les gens pour le pèlerinage, la neuvième année.

Abou Bakr AsSiddiq a accompli l’émigration avec le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam, il l’a accompagné dans la grotte, il lui a tenu compagnie et il l’a protégé par sa propre personne. Ainsi, d’après le fils de ^Oumar, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit à Abou Bakr :

(( أَنتَ أخي وصاحبي في الغار ))

[rapporté par Ibnou l-‘Athir dans ‘Ousdou l-Ghabah] (‘anta ‘akhi wasahibi fi l-ghar) ce qui signifie : « Tu es mon frère et mon compagnon dans la grotte. »

Abou Bakr lui demandait ainsi l’autorisation pour sortir émigrer et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui disait :

(( لا تعجَلْ لعلّ اللهَ يجعلُ لك صاحبًا ))

(la ta^jal la^alla l-Laha yaj^alou laka sahiba) ce qui signifie : « Ne t’empresse pas, il se peut que Allah t’accorde un compagnon [pour ton émigration]. »

Quand ce fut le moment d’émigrer, le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam s’était rendu chez Abou Bakr alors qu’il était endormi et l’avait réveillé. Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui avait dit :

(( قد أُذِنَ لي في الخُروج ))

(qad ‘oudhina li fi l-khourouj) ce qui signifie : « J’ai reçu l’autorisation de partir. »

^A’ichah, que Allah l’agrée, disait : « J’ai vu alors Abou Bakr pleurer de joie » [rapporté par Ibnou l-‘Athir dans ‘Ousdou l-Ghabah]

Pour ce qui est des conquêtes et des occasions importantes : Abou Bakr, que Allah l’agrée, était présent le jour de Badr, le jour de ‘Ouhoud, le jour du khandaq et de Al-Houdaybiyyah ainsi que dans toutes les occasions, auprès du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam.

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui a donné sa grande bannière, le jour de Tabouk, elle était de couleur noire et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui a attribué le jour de Khaybar cent wasq.

Il faisait partie de ceux qui ont tenu bon auprès du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam le jour de ‘Ouhoud et le jour de Hounayn, lorsque les gens avaient fui. Les spécialistes des biographies n’ont pas divergé sur le fait que Abou Bakr AsSiddiq n’a pas abandonné le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam dans une seule occasion.

Pour ce qui est de ses mérites, que Allah l’agrée, ils sont nombreux. Entre autres, c’est qu’il fait partie des dix qui ont reçu l’annonce de bonne nouvelle du Paradis, tout comme cela est parvenu dans le hadith. Il y a aussi le fait que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( إِنّ لي وزيرَينِ مِن أَهلِ السماءِ ووزيرَينِ مِن أهلِ الأَرضِ فأمّا وزيرايَ مِن أَهلِ السماءِ فجِبريلُ وميكائيلُ وزيرايَ مِن أَهلِ الأَرضِ فأبو بكرٍ وعُمر  ))

(‘inna li wazirayni min ‘ahli s-sama’i wawazirayni min ‘ahli l-‘ardi fa’amma waziraya min ‘ahli s-sama’i faJibrilou waMikailou wawaziraya min ‘ahli l-‘ardi fa’Abou Bakrin wa^Oumar) ce qui signifie : « J’ai deux ministres parmi les gens du ciel et deux ministres parmi les gens de la terre. Pour ce qui est des deux ministres des gens du ciel, il s’agit de Jibril et de Mikail et pour les deux ministres des gens de la terre, ce sont Abou Bakr et ^Oumar »

D’après ‘Anas, le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam est monté sur la montagne de ‘Ouhoud, en compagnie de Abou Bakr, ^Oumar et ^Outhman. C’est alors que la montagne a tremblé. Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( اُثبُتْ فما عليكَ إلّا نبيٌّ وصِديقٌ وشهِيدَانِ ))

(‘outhbout fama ^alayka ‘il-la nabiyyoun wasiddiqoun wachahidan) ce qui signifie : « Sois ferme [‘Ouhoud], il n’y a sur toi qu’un prophète, un saint véridique et deux martyrs. »

On rapporte de ^Aliyy qu’il disait : « Ô Wahb, je vais t’informer au sujet des meilleurs hommes de cette communauté après son prophète : Abou Bakr, ^Oumar et un troisième homme. » Et des paroles semblables ont été rapportées par Mouhammad Ibnou l-Hanafiyyah d’après ^Aliyy Ibnou Abi Talib, que Allah les agrée tous les deux.

D’après ^Aliyy également, Il disait : « Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a demandé à Abou Bakr de s’avancer pour diriger les gens dans la prière. J’étais présent, et pas absent, en bonne santé, je n’étais pas malade ; s’il avait voulu me demander à moi de diriger les gens, il me l’aurait demandé. Ainsi, nous avons accepté, pour diriger nos affaires du bas monde, celui que Allah et Son Messager ont agréé pour nous diriger dans notre religion. »

Il a été dit à ^Aliyy, que Allah l’agrée : « Parle-nous de Abou Bakr. » Il a dit : « C’est un homme que Allah ^azza wajall a appelé Siddiq (saint véridique), par la langue de Jibril et par la langue de Mouhammad salla l-Lahou ^alayhi wasallam, il était le calife du Messager de Allah pour diriger la prière. Il l’a agréé pour nous diriger dans notre religion, nous l’avons accepté pour nous diriger dans notre bas monde. »

Concernant son ascèse, sa modestie et sa largesse, il est rapporté de ^Oumar, que Allah l’agrée, qu’il disait : « Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam nous a donné l’ordre de faire des aumônes et, il se trouvait que ce jour-là j’avais de l’argent. Je me suis dit, aujourd’hui je vais faire mieux que Abou Bakr, si je dois y arriver un jour. » ^Oumar a dit : « J’ai apporté la moitié de mes biens. » Le Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( ما أبقَيتَ لِأهلِك ))

(ma ‘abqayta li-’ahlik) ce qui signifie : « Qu’as-tu laissé pour ta famille ? »

Il a dit : « J’ai dit : l’équivalent. » C’est alors que Abou Bakr est venu avec tout ce qu’il possédait. Le Messager salla l-Lahou ^alayhi wasallam lui a dit :

(( يا أبا بكرٍ ما أبقَيتَ لِأهلِك ))

(ya ‘Aba Bakrin ma ‘abqayta li-’ahlik) ce qui signifie : « Ô Abou Bakr, qu’as-tu laissé pour ta famille ? »

Il a dit : « Je leur ai laissé de s’en remettre à Allah et d’aimer Son Messager. » Alors ^Oumar s’est dit qu’il ne pourrait jamais faire mieux que lui. [rapporté par Ibnou l-‘Athir dans ‘Ousdou l-Ghabah]

D’après Abou Hourayrah, il a dit : le Prophète ^alayhi ssalatou was-salam a dit :

(( ما نَفَعَنِي مالٌ قَط ما نفعني مالُ أبي بكرٍ ))

(ma nafa^ani maloun qat ma nafa^ani malou ‘Abi Bakr) ce qui signifie : « Aucun argent ne m’a été aussi utile que celui de Abou Bakr. »

C’est alors que Abou Bakr s’est mis à pleurer et a dit : « Se pourrait-il que ma personne et mes biens soient autrement qu’entièrement dévoués à toi, ô Messager de Allah ? » [rapporté par Ibnou l-‘Athir dans ‘Ousdou l-Ghabah]

D’après Hicham Ibnou ^Ourwah d’après son père, il a dit : « Quand Abou Bakr est entré en Islam, il possédait quarante milles dinar, il les a tous dépensés dans la voie que Allah agrée. Il a affranchi sept esclaves, tous avaient été torturés à cause de leur croyance en Dieu ; il a affranchi Bilal, ^Amir Ibnou Fouhayrah, Zinnirah, An-Nahdiyyah et sa fille, une servante de Banou Mou’ammal et ‘Oummou ^Oubays. »

D’après Habib Ibnou ^Abdi r-Rahman, il a entendu sa tante paternelle ‘Aniçah dire : « Abou Bakr est resté chez nous trois ans, deux ans avant d’être désigné Calife et une année après avoir été désigné Calife. Les voisines du quartier lui ramenaient leurs brebis et c’est lui qui les trayait pour elles. »

Combien son attitude fut éminente après le décès du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam, lorsque les épreuves devinrent terribles sur les musulmans ; certains avaient apostasiés l’Islam et d’autres s’étaient abstenus de payer la zakat. Abou Bakr, que Allah l’agrée, s’était empressé de récupérer la situation.

Il avait été désigné comme Calife le jour même du décès du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam, en l’an onze de l’Hégire. Tous les compagnons furent unanimes sur le bienfondé de son califat.

Ensuite Abou Bakr, que Allah l’agrée, a donné l’ordre de rassembler le Qour’an en Moushaf, en livre relié. Il fut ainsi le premier, que Allah l’agrée, à rassembler le Qour’an en livre.

Auparavant, il n’était pas relié mais mémorisé dans le cœur des compagnons spécialistes de la récitation. Il était écrit sur différents supports, sur du tissu, du cuir et d’autres choses encore.

Ceci est un exemple de bonne innovation qu’a instaurée Abou Bakr, que Allah l’agrée, et sur laquelle les compagnons furent tous d’accord.

Abou Bakr AsSiddiq, que Allah l’agrée, est décédé la treizième année de l’Hégire, à l’âge de soixante-trois ans. Son califat a duré deux ans, trois mois et dix nuits. Lorsqu’il fut prêt de mourir, il a proposé aux musulmans de lui choisir comme successeur ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée. Il y a eu divergence à propos de la cause de son décès. ^Oumar Ibnou l-Khattab, que Allah l’agrée, a dirigé la prière funéraire en sa faveur et Abou Bakr fut enterré dans la maison de ^A’ichah, que Allah l’agrée, sa tête disposée au niveau des épaules du Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam [mais pas dans la même tombe]. Il fut son compagnon dans la vie et il continue d’être à ses côtés après sa mort.

Ô Allah, fais que nous soyons rassemblés dans le groupe des véridiques, fais que nous mourions en les aimant et fais que nous soyons parmi ceux qui les suivent.

Ayant tenu mes propos, je demande que Allah me pardonne, ainsi qu’à vous-même.

Second discours

Al-hamdou lil-Lahi[1] wassalatou was-salamou ^ala sayyidina Mouhammadir-raçouli l-Lah ; ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Lah. Allahoumma ghfir lil-mou’minina wal-mou’minat.

[1] Il s’agit des piliers selon Ach-Chafi^iyy pour ceux qui seraient amenés à donner le discours entièrement en français. Les piliers devraient être dits en arabe.