Que dire la nuit de la mi-Cha^ban (15 chaban) ?

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La nuit de la mi-Cha^ban est une nuit bénie, honorable et honorée. Veiller cette nuit en y accomplissant différentes sortes d’adorations comme la prière, les évocations (le dhikr) ou la récitation du Qour’an, c’est une chose recommandée qui comporte énormément de récompenses. Voici quelques éclaircissements à propos des invocations qu’il est permis de dire pendant la nuit de la mi-Cha^ban.

Il a été rapporté que le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, a dit :

(( إذا كانت ليلة النصف من شعبان فقوموا ليلها وصوموا نهارها ))

[rapporté par Ibnou Majah]

(‘idha kanat laylatou n-nisfi min Cha^bana faqoumou laylaha wasoumou naharaha)

« Lorsque vient la nuit de la mi-Cha^ban, veillez sa nuit et jeûnez la journée qui la suit. »

Mérite des invocations dans l’Islam

La louange est à Allah, Celui Qui est unique, Celui Qui domine toute chose par Sa toute-puissance, Celui Qui a la gloire et n’est pas vaincu, Qui accorde beaucoup de pardon, Celui Qui prédestine toute chose, Qui fait évoluer les situations, Celui Qui fait suivre la nuit au jour, Celui Qui dit dans Son Livre honoré :

﴿ وإذا سَأَلَكَ عِبادِي عَنِّي فإِنِّي قَريبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إذا دَعانِ فلْيَستَجِيبُوا لِي وليُؤمِنُوا بِي لَعَلَّهُم يَرشُدُونَ ﴾

[sourat Al-Baqarah / ‘ayah 186] (wa’idha sa’alaka ^ibadi ^anni fa’inni qariboun ‘oujibou da^wata d-da^i ‘idha da^ani falyastajibou li walyou’minou bi la^alla­houm yarchoudoun)

« Si Mes esclaves t’interrogent à Mon sujet, dis que Je suis Celui Qui entend et Qui sait tout, J’exauce l’invocation de celui qui invoque lorsqu’il M’invoque, qu’ils M’obéissent donc et qu’ils croient en Moi, puissent-ils être bien-guidés. »

Et le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( الدُّعاءُ مُخُّ العِبادة ))

[rapporté par At-Tirmidhiyy]

(ad-dou^a’ou moukhkhou l-^ibadah)

« L’invocation est l’expression même de l’adoration »

c’est-à-dire que l’invocation a un rang élevé dans l’adoration. En effet, l’invocation que l’esclave croyant adresse à Son Seigneur comporte une reconnaissance de sa part de la divinité de Dieu, de Sa toute-puissance et une reconnaissance des nombreux bienfaits dont Allah l’a gratifié.

Mérite de veiller la nuit en prières surérogatoires par recherche de l’agré­ment de Dieu

Le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam a dit :

(( أفضل الصلاة بعد الفريضة صلاة الليل ))

[rapporté par Mouslim]

(‘afdalou ssalati ba^da l-faridati salatou l-layl)

« La meilleure des prières après la prière obligatoire c’est la prière de nuit. »

Que l’on sache que les veillées de nuit par recherche de l’agrément de Allah ta^ala font partie des œuvres surérogatoires (nafilah) et recommandées que le Messager de Allah salla l-Lahou ^alayhi wasallam nous a incités à accomplir. Que ce soit en veillant la nuit en accomplissant des prières surérogatoires, en invoquant, en faisant des évocations, en demandant pardon, en invoquant en faveur du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam ou en récitant le Qour’an, tout cela fait partie de ce qui rapproche de l’agrément de Allah, en accomplissant bien entendu les devoirs et en évitant les interdits.

Nuit de la mi-Cha^ban et ce qui a été rapporté à son sujet

La nuit de la mi-Cha^ban est une nuit bénie, honorable et honorée. Veiller cette nuit en y accomplissant différentes sortes d’adorations comme la prière, les évocations (le dhikr) ou la récitation du Qour’an, c’est une chose recommandée qui comporte énormément de récompenses.

Il a été rapporté du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam :

(( إذا كانتْ ليلةُ النِّصْفِ مِن شعبانَ فقُومُوا لَيلَها وصُومُوا نَهارَها ))

[rapporté par Ibnou Majah]

(‘idha kanat laylatou n-nisfi min Cha^bana faqoumou laylaha wasoumou naharaha)

« Lorsque vient la nuit de la mi-Cha^ban, veillez sa nuit et jeûnez la journée qui la suit. »

La meilleure des choses que l’on puisse accomplir cette nuit-là, c’est de faire preuve de piété à l’égard de Allah ta^ala, tout comme dans les autres nuits, afin de gagner l’agrément de Allah ta^ala. Car la piété envers Allah est la meilleure chose que puisse acquérir l’homme dans ce bas monde qui va à sa fin.

Allah ta^ala dit :

﴿ يا أيها الذين ءامنوا اتَّقوا اللهَ حَقَّ تُقاتِه ولا تَموتُنَّ إلّا وأنتم مسلمون ﴾

[sourat ‘Ali ^Imran / ‘ayah 102]

(ya ‘ayyouha l-ladhina ‘amanou t-taqou l-Laha haqqa touqatihi wala tamoutounna ‘il-la wa‘antoum mouslimoun)

« Ô vous qui êtes croyants, faites preuve de piété à l’égard de Allah de la véritable piété en accomplissant les obligations et en vous gardant des interdits, et surtout ne mourez qu’en étant musulman. »

La piété à l’égard de Allah consiste à accomplir les devoirs et à délaisser les péchés. Il convient à quelqu’un d’intelligent et de perspicace, durant la nuit de la mi-Cha^ban, de s’empresser à accomplir des actes de bien, tout comme il convient de le faire le reste du temps et les autres nuits. Il convient aussi de se souvenir que la mort est une chose qui va arriver de manière inéluctable et que les gens seront ressuscités puis rassemblés et qu’ils rendront des comptes au Jour du jugement. Celui qui aura cru en Dieu et en Son messager et qui a fait preuve de piété, sera gagnant. Celui qui aura mécru en Dieu, aura été injuste et Lui aura désobéi, sera perdant.

Allah ^azza wajall dit :

﴿ وتَزَوَّدُوا فإِنَّ خَيرَ الزّادِ التَّقوى ﴾

[sourat Al-Baqarah / ‘ayah 197]

(watazawwadou fa’inna khayra zzadi t-taqwa)

« Prenez des provisions ; certes, la meilleure des provisions, c’est la piété. »

À propos de la nuit de la mi-Cha^ban, il est important de rappeler certains sujets qui se sont propagés chez beaucoup de gens du commun, alors qu’ils ne sont pas corrects, et qu’ils n’ont aucun fondement. Ce sont même des choses qui sont contraires à la Loi de droiture. Entre autres, il y a plusieurs hadith, attribués mensongèrement au Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, et qu’il n’est pas permis de lui attribuer, comme le [prétendu] hadith :

(( رجب شهرُ اللهِ وشعبانُ شهرِي ورمضانُ شهرُ أمتي ))

(rajabou chahrou l-Lahi wacha^banou chahri wa ramadanou chahrou ‘oummati)

 que Rajab serait le mois de Allah, Cha^ban serait mon mois et Ramadan serait le mois de ma communauté.

Tout comme il n’est pas permis de lui attribuer le [prétendu] hadith :

(( رجب شهر الاستغفار وشعبان شهر الصلاة على النبيّ ورمضان شهر القرءان فاجتهدوا رحمكم الله ))

(rajabou chahrou l-istighfari wacha^banou chahrou ssalati ^ala n-nabiyyi waramadanou chahrou l-qour’ani fajtahidou rahimakoumou l-Lah)

 que Rajab serait le mois de la demande de pardon, Cha^ban serait le mois de l’invocation en faveur du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam et Ramadan serait le mois du Qour’an alors faites des efforts, que Dieu vous fasse miséricorde.

Ces deux hadith n’ont aucun fondement selon les savants spécialistes du hadith.

Quant à réciter sourat Yaçin pendant cette nuit, cela comporte des récompenses tout comme dans d’autres moments. Cependant, que l’on sache qu’il n’a pas été rapporté que le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, a dit qu’il serait recommandé de la réciter durant cette nuit-là en particulier.

Le Qour’an n’a pas été descendu durant la nuit de la mi-Cha^ban

Tout comme il convient de rappeler que la nuit de la mi-Cha^ban n’est pas la nuit à propos de laquelle Allah ta^ala dit :

﴿ فِيها يُفْرَقُ كُلُّ أَمْرٍ حَكِيم ﴾

[sourat Ad-Doukhan / ‘ayah 4]

(fiha youfraqou koullou ‘amrin hakim)

« durant cette nuit est annoncé [aux anges] tout ce qui est prédestiné [jusqu’à l’année prochaine]. »

Même si cela est réputé chez certains gens du commun, ce n’est pas vrai. Ce qui est correct, c’est que la nuit durant laquelle les anges auront connaissance de ce qui est prédestiné, c’est la nuit du Qadr. Et la signification de (fiha youfraqou koullou ‘amrin hakim) c’est que Allah donne à connaître aux anges, durant la nuit du Qadr, les détails de ce qui va se produire l’année qui vient jusqu’à la nuit du Qadr suivante, c’est-à-dire ce qui a été prédestiné aux esclaves, autrement dit les choses qui ont été prédestinées d’atteindre les esclaves, que ce soit la mort, la vie, la naissance, la subsistance et ce qui est de cet ordre.

Il ne convient donc pas d’avoir pour croyance que la nuit de la mi-Cha^ban serait la nuit durant laquelle a été descendu le Qour’an jusqu’à Baytou l-^Izzah dans le premier ciel. C’est plutôt pendant la nuit du Qadr, la nuit de grande valeur, preuve en est la parole de Allah ta^ala :

﴿ إنّا أَنْزَلْناهُ فِي لَيلةِ القَدْرِ ﴾

[sourat Al-Qadr / ‘ayah 1]

(‘inna ‘anzalnahou fi laylati l-Qadr)

 « Certes, Nous l’avons fait descendre durant la nuit du Qadr. »

Ce verset explique le verset :

﴿ إنّا أَنْزَلْناهُ فِي لَيلةٍ مُباركةٍ إنّا كُنّا مُنذِرِينَ فِيها يُفْرَقُ كُلُّ أَمْرٍ حَكِيمٍ ﴾

[sourat Ad-Doukhan / ‘ayah 3-4]

(‘inna ‘anzalnahou fi laylatin moubarakah ‘inna kounna moundhirina fiha youfraqou koullou ‘amrin hakim)

 « Nous l’avons fait descendre durant une nuit bénie, certes Nous mettons en garde, durant cette nuit est annoncé [aux anges] tout ce qui est prédestiné [jusqu’à l’année prochaine]. »

Il n’a pas été rapporté un nombre particulier de rak^ah à accomplir pendant la veillée de la nuit de la mi-Cha^ban

Parmi les choses contre lesquelles il convient de mettre en garde également, c’est que le fait d’accomplir cent rak^ah ou bien cinquante ou encore douze rak^ah d’une manière particulière durant cette nuit bénie, n’a aucun fondement dans la Loi et n’a pas été authentifié du Prophète salla l-Lahou ^alayhi wasallam. Par contre, un musulman qui veut pratiquer le bien et avoir des récompenses peut faire durant cette nuit autant de prières surérogatoires qu’il souhaite, sans se limiter à un nombre, une manière ou une façon spécifique à cette nuit.

Le mouhaddith, le Chaykh ^Abdou l-Lah Al-Ghoumariyy, dans son livre Housnou l-Bayan fi Laylati n-Nisfi min Cha^ban, a dit : « Il n’a pas été rapporté de prières particulières durant cette nuit, que ce soit par une voie authentique (sahih) ou même faible (da^if). Il n’a été rapporté que des hadith forgés, mensongers. »

L’invocation ne change pas la prédestination et la volonté de Allah est éternelle et ne change pas

Que l’on sache que la croyance des gens de l’Islam, c’est que la volonté de Allah concerne tous les actes et les paroles des esclaves. Par conséquent, il n’y a pas une seule chose qui se produise dans ce monde sans que ce soit par la volonté de Allah, par Sa prédestination, conformément à Sa science et par Sa création ; et que la volonté des esclaves est dépendante de la volonté de Allah, tout comme Allah ta^ala le dit :

﴿ وما تَشَاؤُونَ إلّا أَن يَشاءَ اللهُ رَبُّ العالَمِينَ ﴾

[sourat At-Takwir / ‘ayah 29]

(wama tachaouna ‘il-la ‘an yacha’a l-Lahou Rabbou l-^alamin)

« Et vous ne voulez que si Allah le Seigneur des mondes le veut. »

Tout ce qui entre en existence est par la volonté de Allah, que ce soit un bien ou un mal, un acte d’obéissance ou de désobéissance, un acte de mécréance ou de foi, car il n’y a pas de créateur de quoi que ce soit si ce n’est Allah tabaraka wata^ala.

La volonté de Allah est éternelle exempte de début, exempte de fin, il ne lui arrive pas de changement, ni de modification, ni d’altéra­tion, ni d’évolution. Il en est de même pour tous Ses attributs, comme la science et la puissance.

Il est impossible que l’Être ou les attributs de Allah ta^ala changent, car le changement fait partie des caractéristiques des créatures.

Il n’est pas permis de croire que Allah ta^ala aurait des attributs qui changent, ou une volonté qui change ou que Sa science changerait. Et il n’est pas permis de croire qu’il Lui arriverait de vouloir quelque chose qu’Il n’aurait pas voulu de toute éternité. Tout comme il n’est pas permis d’avoir pour croyance qu’il Lui arriverait d’avoir une nouvelle connaissance d’une chose qu’Il n’aurait pas su de toute éternité.

La volonté de Allah ne change pas par l’invocation de ceux qui L’invoquent, ni par l’aumône de ceux qui la donnent, ni par le vœu de ceux qui le prononcent. Ce que Allah veut est, et ce que Allah ne veut pas n’est pas, tout comme l’a rapporté Abou Dawoud d’après le Messager de Allah, salla l-Lahou ^alayhi wasallam : ce que Allah sait de toute éternité que cela existera, aura nécessairement lieu et ce qu’Il sait de toute éternité que cela n’aura pas lieu, n’entrera pas en existence. Preuve en est le hadith du Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wasallam :

(( إِنَّ النَّذْرَ لا يَرُدُّ مِن قَدَرِ اللهِ وإِنَّما يُستَخْرَجُ بِهِ مِنَ البَخيلِ ))

[rapporté par Mouslim]

(‘inna n-nadhra la yarouddou min qadari l-Lah wa’innama youstakhrajou bihi mina l-bakhil)

« Le vœu ne repousse pas ce que Allah a prédestiné, mais il est une cause pour que celui qui est avare donne. »

Il a été authentifié que le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, a dit :

(( سَأَلْتُ رَبِّي أَرْبَعاً فأَعْطانِي ثَلاثًا ومَنَعَنِي واحِدة : ))

(sa’altou rabbi ‘arba^an fa’a^tani thalathan wamana^ani wahidah)

« J’ai demandé à mon Seigneur quatre choses, Il m’en a accordé trois et m’en a privé d’une »

(( سألته أن لا يُكْفِرَ أمتي جملة فأعطانيها ))

(sa’altouhou ‘an la youkfira ‘oummati joumlatan fa’a^taniha )

« Je Lui ai demandé que ma communauté ne devienne pas toute entière mécréante et Il me l’a accordé. »

(( وسَأَلْتُهُ أَن لا يُهلِكَهُم بِما أَهْلَكَ بِه الأُمَمَ قَبلَهم فأعطانيها ))

(wasa’altouhou ‘an la youhlikahoum bima ‘ahlaka bihi l-‘oumama qablahoum fa’a^taniha )

 « Je Lui ai demandé de ne pas anéantir les gens de ma communauté de la même manière qu’Il a anéanti les gens des communautés antérieures et Il me l’a accordé »

(( وسَأَلْتُهُ أَن لا يُظهِرَ عليهم عَدُوًّا مِن غَيرِهم فيَستَأْصِلَهُم فأعطانيها ))

(wasa’altouhou ‘an la youdh-hira ^alayhim ^adouwwan min ghayrihim fayasta’silahoum fa’a^taniha )

« Je Lui ai demandé qu’Il n’accorde pas la victoire à un ennemi extérieur de sorte qu’il les extermine et Il me l’a accordé »

(( وسَأَلْتُهُ أَن لا يَجْعَلَ بَأْسَهُم بَينَهُم فمَنَعَنِيها ))

(wasa’altouhou ‘an la yaj^ala ba’sahoum baynahoum famana^aniha)

« Et je Lui ai demandé qu’Il fasse qu’il n’y ait pas des guerres entre eux et Il m’en a privé. »

[rapporté par le hafidh ^Abdou r-Rahman Ibnou Abi Hatim de Abou Hourayrah].

Et Mouslim a rapporté de Thawban ce hadith du Prophète, ^alayhi s-salam, qu’il a dit :

(( سَأَلْتُ رَبِّي ثلاثًا فأعطاني ثِنْتَينِ ومَنَعَنِي واحدة : ))

(sa’altou rabbi thalathan fa’a^tani thintayni wamana^ani wahidah)

« J’ai demandé à mon Seigneur trois choses, Il m’en a accordé deux et m’en a privé d’une. »

Et dans une version :

(( قال لي : يا محمد إِنِّي إذا قَضَيتُ قَضاءً فإِنَّه لا يُرَدّ ))

(qala li ya Mouhammadou ‘inni ‘idha qadaytou qada’an fa’innahou la youradd)

 « Il m’a dit : ô Mouhammad, ce que Je prédestine ne sera pas changé. »

Ceci est une preuve claire que la volonté de Allah, soubhanah, ne change pas par l’invocation de ceux qui L’invoquent et que n’aura lieu que ce que Allah a prédestiné et voulu de toute éternité.

Si Allah avait dû changer Sa volonté en raison de l’invocation de quelqu’un, Il l’aurait changée pour celui qu’Il a élu, salla l-Lahou ^alayhi wasallam.

Telle est la croyance des gens de la vérité, la croyance du Messager de Allah, la croyance des compagnons et de ceux qui sont venus après eux et qui les ont suivis correctement.

Le sens correct de la parole de Allah ta^ala :

﴿ يَمْحُواْ اللهُ ما يَشاءُ ويُثبِتُ وعِندَهُ أُمُّ الكتاب ﴾

(yamhou l-Lahou ma yacha’ou wayouthbitou wa^indahou ‘oummou l-kitab)

Concernant la parole de Allah ta^ala :

﴿ يَمْحُواْ اللهُ ما يَشاءُ ويُثبِتُ ﴾

(yamhou l-Lahou ma yacha’ou wayouthbit)

elle veut dire que [pendant la révélation], Allah annule et abroge ce qu’Il veut du Qour’an, et Il confirme ce qu’Il veut du Qour’an et ne l’abroge donc pas. Et tout cela a lieu par la révélation de Allah.

Cela ne veut absolument pas dire que Allah ta^ala changerait Sa volonté grâce à l’invocation ou à l’aumône ou au vœu de quiconque, tout comme l’ont mal compris certains ignorants.

Et la signification de (wa^indahou ‘oummou l-kitab) c’est qu’Il a fait inscrire la totalité de tout cela, ce qui abroge et ce qui a été abrogé, dans la Table Préservée.

 

L’explication du verset :

﴿ كلَّ يَومٍ هُوَ في شَأْنٍ ﴾

[sourat Ar-Rahman / ‘ayah 29]

(koulla yawmin houwa fi cha’n)

Le Messager, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, a expliqué ce verset par sa parole :

(( يَغْفِرُ ذَنْبًا ويَكْشِفُ كَرْبًا ويَرفَعُ قَومًا ويَضَعُ ءاخَرِين ))

[rapporté par Ibnou Majah] (yaghfirou dhanban wayakchifou karban wayarfa^ou qawman wayada^ou ‘akharin)

« Il pardonne un péché, Il délivre d’un tourment, Il élève des gens et Il en rabaisse d’autres. »

Ceci est conforme à la parole des gens (soubhana l-Ladhi youghayyir wala yataghayyar) ce qui signifie : « Il est exempt d’imperfection Celui Qui fait changer et Qui ne change pas. »

Il s’agit de belles paroles, puisque le changement arrive aux créatures et non pas à l’Être de Allah ni à Ses attributs.

Il s’avère donc que Allah fait changer l’état des esclaves, de la maladie à la santé, d’un mauvais état à un état vertueux, de la pauvreté à la richesse, de la richesse à la pauvreté, selon la volonté divine éternelle.

Les changements adviennent aux états des créatures et non pas à la volonté ou à la science de Allah. Lorsque l’esclave invoque son Seigneur pour qu’Il le guérisse et qu’il guérit effectivement, il est valable de dire que son invocation a correspondu à la volonté de Allah. Et si jamais Allah ne le guérissait pas, il serait valable de dire que Allah n’a pas voulu pour lui la guérison. Dans les deux cas, le croyant profite des invocations qu’il adresse à son Seigneur, que ce soit avec le profit de la guérison qui lui est arrivée, ou sans que le profit de la guérison ne se produise, puisqu’il lui est inscrit une récompense dans tous les cas.

Avertissement et mise en garde

Il est de l’habitude dans certains pays que des personnes se réunissent pendant la nuit de la mi-Cha^ban, dans les mosquées ou dans les maisons, pour réciter des invocations dans lesquelles il y a un terme qui n’est pas correct, qu’ils attribuent au Prophète, salla l-Lahou ^alayhi wasallam, et à certains compagnons. Chose qui, en réalité, est un mensonge à propos du Messager de Allah et qui n’a pas été confirmée de lui, ni d’aucun de ses compagnons.

Il s’agit de leur parole :

(Allahoumma ‘in kounta katabtani ^indaka fi ‘oummi l-kitabi chaqiyyan ‘aw mahrouman ‘aw matroudan ‘aw mouqattaran ^alayya fi r-rizqi famhou l-Lahoumma chaqawati wahirmani watardi wa’iqtari rizqi waktoubni ^indaka mina s-sou^ada’) jusqu’à la fin.

Ce sont là des paroles qui n’ont pas été authentifiées de ^Oumar, ni de Ibnou ^Abbas, ni de Moujahid, ni de personne d’autre du salaf. Son sens est contraire à la croyance correcte, à savoir que celui qui est malheureux est inscrit comme malheureux par l’ange dans le ventre de sa mère, il ne deviendra pas heureux, parce que le hadith honoré a été confirmé à ce sujet.

De plus, croire au changement de la volonté ou de la science ou de tout autre attribut de Allah est une mécréance, tout comme l’ont dit Abou Hanifah et d’autres savants émérites.

Ceci est habituel chez beaucoup de ceux qui récitent cette invocation, ils ont pour croyance que Allah changerait Sa volonté cette nuit-là et que celui qui est désobéissant se transformerait ainsi en obéissant, que celui qui agit en mal se transformerait en quelqu’un qui agit en bien, celui qui est malheureux en heureux, celui qui est privé en quelqu’un de pourvu ! Quiconque a cru cela, sa croyance est corrompue et doit croire en la vérité et y revenir, en témoignant c’est-à-dire en disant les deux témoignages pour se débarrasser de la mécréance, et nous demandons à Allah la sauvegarde.

Il convient enfin que l’homme s’empresse à faire du bien, avec sérieux et entrain, et qu’il se prépare aux nuits bénies, parmi lesquelles la nuit de la mi-Cha^ban, avec un repentir véridique, pour être au nombre des gagnants au Jour du Jugement. Sinon, que celui qui veut dise les invocations suivantes qui, même si elles n’ont pas été rapportées du Messager de Allah, valent mieux que les expressions corrompues dont nous avons parlé. Mieux vaut donc dire :

(Allahoumma ya ‘Allahou ya ‘Allahou ya ‘Allah ya Hayyou ya Qayyoumou ya Ghafourou ya Tawwabou ya Hadi ya Fattahou ya Razzaq ya Waçi^ou ya Mou^ti ya Mou^inou ya Bacitou ya Moubdi’ou ya Wahhabou ya Matinou waya Hafidhou ya Waliyyou ya Kafi ya Hacibou ya ‘Arhama r-rahimin ya Dha l-Manni waya Dha l-fadl waya Dha l-jalali wal-‘ikram waya Dha ttawli wal-‘in^am waya man tamhou ma tacha‘ou watouthbitou ma tacha‘ou waliman tacha‘ waya man ^indaka ‘oummou l-kitab bihaqqi ‘asma‘ika l-housna wa’ayatika l-^oudhma wabihaqqi smika l-^adhimi l-‘a^dham wabibarakati laylati n-nisfi min cha^bana l-moukarram salli ^ala sayyidina wamawlana wahabibina wachafi^ina wamaladhina Mouhammadin raçoulika wanabiyyika l-‘akram salatan kamilatan da‘imatan taktoubouna biha ^indaka fi hadhihi l-laylati l-moubarakah magh­fourina lahoum mas^oudina mou^ammarina bil-khayr marzouqina mouwaffaqina lil-‘adhkari watta^ati wal-khayrati wal-haçanat wamous­taghnina bifadlika fi d-darayn ^amman siwak, wasalli ^ala sayyidina Mouhammad salatan taktoubouna biha fi hadhihi l-laylati mina s-sou^ada‘i wassalihin watarzouqouna biha fi d-darayni ‘imanan kamilan wakamala l-yaqin bihaqqi sayyidina Mouhammadin sayyidi l-mourçalin wa’imami l-mouttaqin wamahboubi Rabbi l-^alamin watakchifou biha ^anna l-baliyyati wal-‘afati wal-^ahati l-waridati bi’iradatika hadhihi s-sanata litousiba biha man tacha‘ou min ^ibadika ‘innaka Moujibou d-da^awati wama dhalika ^ala l-Lahi bi^aziz, wasalla l-Lahou ^ala sayyidina Mouhammad wa^alaalihi wasahbihi wasallim).

A retenir :

La nuit de la mi-Cha^ban est une nuit bénie, honorable et honorée.

Veiller cette nuit en y accomplissant différentes sortes d’adorations (prière, évocations ou récitation du Qour’an) est recommandé.

Il n’a pas été rapporté un nombre particulier de rak^ah à accomplir pendant la veillée de la nuit de la mi-Cha^ban

L’invocation a un rang élevé dans l’adoration

L’invocation ne change pas la prédestination

La volonté de Allah est éternelle et ne change pas

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